Notre blé d’hiver : kaput!

On planifie déjà notre plan B

Maudit que ça ne regarde pas bien. Faut dire que j’ai stressé un peu plus cet hiver quand j’ai constaté qu’il y avait un bon 10 cm de glace complètement collé au sol, et ce même si j’avais plus de 40 cm de neige par-dessus. J’avais vraiment hâte de voir comment il allait sortir de cette épreuve. Le printemps tardif a su tester ma patience et voilà enfin le blé à découvert. Hiii! Inquiétant, pas beau, avec une reprise timide, euh! très timide. En fait, il est « laitte », il est « laitte » en … et je dirais qu’à première vue tout est kaput! Je rumine tout en rageant un peu.

Les statistiques m’ont rattrapé. On réussi généralement 4 années sur 5. C’est ça : 2015-2016-2017-2018 : parfaitement réussi, et voilà que 2019 on ne fera sûrement pas les séries! Je me console en me disant que nos statistiques sont meilleures que celles de nos Canadiens :-).  J’ai scruté de long en large nos champs et en fait tout n’est pas perdu. On a tellement d’aménagements  et de dates de semis différentes qu’on note plein de détails qui nous permettrons d’être meilleurs dans le futur.

Le plus surprenant c’est notre blé d’hiver semé le 28 octobre dans des conditions non viables selon nos connaissances. Ben! il est en train de sortir de terre.

Sur nos sols sableux, le blé démarre assez bien malgré la même présence de glace. Bizarre aussi quand on constate que le blé d’hiver destiné aux couverts végétaux semé beaucoup trop tôt selon nos connaissances est déjà bien démarré…tellement que ce serait tentant de changer notre rotation et de s’organiser pour le récolter. Nos semis protégés par notre clôture végétale de lin semblent morts de loin, mais si on prend le temps de se pencher un peu on constate un certain pourcentage des plants qui sont encore en vie. Reste à voir s’il va reprendre de la force, ou s’il va dépérir. Le plus surprenant c’est notre blé d’hiver semé le 28 octobre dans des conditions non viables selon nos connaissances. Ben! il est en train de sortir de terre. Wow! Aucune idée s’il a eu son frost stress  pour faire un épi, mais on verra bien.

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On planifie déjà notre plan B. On retarde le semis du trèfle. Pour les endroits de reprise non uniformes on va immédiatement semer du pois fourragé dedans, question de garder notre plan de rotation et d’augmenter la valeur par hectare de notre récolte à venir. On a 50% de nos surfaces   kaput. Pour le reste on garde espoir pour une dizaine de jours encore. Un bel exemple qui illustre notre défi quotidien d’agir avec précision en subissant des conditions climatiques imprécises. C’est ça notre profession : Agriculteur!

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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