Passez à GO. Réclamez 200$

Publié: 30 janvier 2018

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Passez à GO. Réclamez 200$

Dernièrement, j’ai entendu un intervenant. Celui-ci se questionnait sur la façon dont notre gouvernement s’y prenait pour nous encourager à essayer et à adopter de nouvelles pratiques. Entre vous et moi, est-ce que le fait d’avoir de l’aide gouvernementale pour acquérir un écran et un sélecteur de rampe qui se ferme automatiquement fait de moi un agriculteur plus consciencieux dans l’utilisation des herbicides?

Donner des crédits pour installer de nouveaux avaloirs et des bandes riveraines, c’est bien. Mais pourquoi n’y a-t-il rien pour ceux qui les ont déjà aménagés à leurs frais ou qui pratiquent déjà des méthodes de conservation? On pourrait se concentrer sur des résultats bénéfiques réalisés chaque année au lieu de supporter des bébelles ou des équipements.

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Ça coûterait moins cher aujourd'hui de laisser aller le cours d'eau dans intervention. On investit aujourd'hui afin de s'assurer de conserver l'énorme quantité de terre de chaque côté chez nous plutôt qu'elle se retrouve dans le lac Saint-Pierre dans le futur.

Quand l’eau et l’agriculture cohabitent

Le 5 février dernier, je participais au Sommet sur l’eau à Saint-Hyacinthe. J’ai expliqué les deux projets chez nous, soit l’évolution et les performances de notre bassin sédimentaire et le nouvel aménagement d’un cours d’eau avec chenal à deux niveaux.

C’est le même phénomène pour notre comité du bassin versant. Au début, on nous a imposé des cibles élevées à atteindre. Une fois atteintes, surprise, on attend pour du financement… on attend… et enfin le voilà! Temps perdu. On redémarre la machine en catastrophe. Maintenant, on nous exige de faire un certain nombre d’activités dans un court délai à défaut de quoi? D’être en défaut et de perdre notre financement. Coup donc, c’est le nombre d’activités ou l’avancement de la conscience générale de nos agriculteurs dans le bassin versant qui est important?

Quelquefois, j’ai l’impression de jouer au jeu de serpent échelle et de finalement revenir au point de départ. Tellement de programmes et de dates butoirs, j’ai peur qu’on s’essouffle et qu’on faille à la tâche. Lâchez-moi avec : « le budget est voté pour deux ans ». Hein!!! Refaire une autre demande, et ce, pour le même projet? Hey, il est important le projet ou non? Pensons simple : mon PAEF et mon PAA sont complétés et en progression, notre comité est en place, les agriculteurs sont impliqués. Tout est là, inutile de rajouter d’autres paperasses! L’important, c’est d’enclencher une démarche volontaire et continuelle, puis d’améliorer nos performances. Comment et avec quoi? Ce n’est pas important. Comme au Monopoly! Si je réussis à « Passez à Go », je réclame 200$!

À PROPOS DE L'AUTEUR

Paul Caplette

Paul Caplette

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.