Pluie : trop peu, trop tard?

Il est déjà trop tard pour que nos cultures qui arrivent à maturité puissent en tirer profit

Pluie : trop peu, trop tard?

On nous annonçait un déluge, plusieurs journées sans soleil et de gros nuages à l’horizon sur les pictogrammes des sites de prévisions météo. Au final : 12 mm seulement à Bellevue et 18 mm à Picoudie. Ah! Oui, maintenant quand il pleut, on doit déterminer l’endroit où cette pluie tombe. Trois kilomètres d’un endroit à l’autre et ça peut varier du simple au triple quand j’observe les données des stations météo autour de chez nous. On ne peut rien y changer, mais le fait de connaître et de mesurer les quantités réelles tombées peuvent nous permettre d’expliquer certains résultats aux champs. De toute façon, à première vue, il est déjà trop tard pour que nos cultures qui arrivent à maturité puissent en tirer profit. Par contre, 12 mm c’est assez pour redonner du gain à nos plantes de couverture en place ainsi qu’à nos semis de blé d’hiver. On a quand même une bonne récolte de maïs-grain à l’horizon, probablement des rendements plus qu’ordinaire dans notre soya, qui semble le plus affecté par le manque d’eau. D’un autre côté, 60% de nos superficies en couvert vivant vont bénéficier des pluies d’automne. Avec la montée fulgurante du prix des fertilisants, tous nos gains additionnels de croissance sur nos couverts végétaux doublent de valeur de retour monétaire dans notre système de culture. Que dire de nos champs de blé à 95% tout vert déjà. Les nuits froides sont déjà arrivées, il aura tout le temps nécessaire pour bien s’enraciner afin d’être prêt à traverser l’hiver. On ne peut pas contrôler les précipitations. Mais je peux planifier et mettre en place un système complexe de culture avec une stratégie d’implantation de plante de couverture. Ça nous permet d’avoir des sols en meilleure santé. Ils deviennent, par le fait même, plus résilient et rendent automatiquement notre système de culture plus efficace. Plus résilient, plus flexible, pour réussir à tirer profit des caprices de dame météo. Se préparer à l’imprévisible et apprendre à en tirer profit. Profession agriculteur !

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

Commentaires