Prudence dans le dernier droit de la récolte

Est-ce qu’on donne un autre coup juste avant la pluie? Un « shut down »? Pas sûr! J’ai l’impression que je suis sur le temps supplémentaire depuis déjà quelques semaines. On a démarré la récolte avec un peu de retard et on dirait que Gertrude a décidé de me faire comprendre qu’elle avait 9800 heures.

Gertrude semble manquer d’attention. Des petits bris qui, une fois combinés les uns par-dessus les autres, finissent par ralentir l’avancement des travaux. Au fond de moi, je me sens un peu paresseux de ne pas donner un effort de plus. Je ne sais pas si c’est parce que je vieillis ou que je m’assagis, mais pourquoi risquer de m’endormir au volant comme s’il n’y avait pas de lendemain à cette pluie annoncée? Les nuits sont courtes… avec le temps ça use. Je l’ai déjà fait, passer plus de 24 heures au champ pour finir plus vite. Passer la nuit à cogner des clous et réaliser le lendemain qu’on ne se souvient plus de grand-chose. Changer de rang de maïs sans m’en apercevoir ou détruire un pointu de nez cueilleur. Pas si pire quand c’est seulement du matériel, mais s’il y avait blessure humaine, j’en subirais moi-même les conséquences ou je me sentirais tellement coupable d’avoir blessé quelqu’un par mégarde. J’ai souvent pris des raccourcis, pas toujours brillants, dans le seul but de gagner du temps.

Malgré la petite pluie annoncée, je reste positif. Les rendements sont excellents, les conditions de récoltes sont bonnes, même s’il fait un peu « frette » à mon goût. J’ai seulement une belle récolte à sortir du champ. Je garde en tête ce qu’un agriculteur aguerri m’avait dit : l’important, c’est de tenir le temps! Profession : agriculteur!

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