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Les vergers en transformation

La place des pommes québécoises dans les paniers d’épicerie québécois et la modernisation des vergers demeurent des enjeux de taille pour les producteurs de pommes du Québec. Ces deux préoccupations se retrouvent d’ailleurs parmi les orientations stratégiques de cette filière afin d’améliorer les revenus des entreprises. Mais qu’en est-il de leurs coûts? Une récente étude portant sur l’année 2016 expose un portrait très détaillé des coûts de production de la production et permet aux producteurs d’ici de se positionner sur leur rentabilité.

En fournissant une multitude de données et de renseignements, 36 entreprises spécialisées dans la production de pommes tardives possédant entre 1160 et 5300 unités-arbres[1] ont permis au CECPA de dresser un portrait actuel et approfondi de ce secteur.

Le visage des vergers change!

Difficile de ne pas constater que les vergers québécois ont grandement changé depuis les 5 dernières années. Les grands pommiers standards de notre enfance font de plus en plus de place à des pommiers beaucoup plus petits. Ainsi, on constate une augmentation de la densité d’arbres par superficie dans les vergers québécois! Le nombre de pommiers par hectare est passé de près de 500 à plus de 650 arbres par hectare. La modernisation des vergers est la principale clé de cette énigme avec une augmentation de la proportion de pommiers nains qui est passée de 34 % à 49 % des unités-arbres.

La performance est au rendez-vous!

Parallèlement, la performance est au rendez-vous! L’augmentation de 1,49 minots/U.R. (12 %) ou de 328 minots/hectare (28 %) du rendement quantité au cours des cinq dernières années en témoigne. Cet accroissement du rendement ne s’est d’ailleurs pas fait au détriment de la qualité. En effet, le rendement qualité est demeuré relativement stable entre les deux études.

 

Tableau 1. Résultats techniques

2011 2016
Unité-arbre 2 319 2 451
Pommier/hectare 492 657
Rendement quantité (minots/U.R.) 12,55 14,04
Rendement quantité (minots/ha) 1 188 1 516
Rendement qualité (%) 46,8 47,9

 

Et le coût !

Pour plusieurs, l’augmentation des rendements signifie automatiquement un accroissement de la rentabilité des entreprises. C’est oublier dans un secteur comme la pomme que plusieurs charges et que du temps de travail y sont associés. Ainsi, le coût de production (tableau 2) s’est apprécié en 5 ans d’environ 0,40 $/minot pour un coût total de 10,75 $ par minot en 2016 (+4 %).

Bien que l’augmentation du rendement ait permis une diminution globale des déboursés monétaires (charges avant rémunération du travail), il est possible d’observer une hausse importante des charges d’amortissement et des charges de main-d’œuvre. Cette dernière représentant près de 50 % du coût de production d’une entreprise pomicole, nous ne serons pas surpris de constater l’intérêt que portent les gestionnaires à la fluctuation du salaire minimum dans les prochaines années.

 

Tableau 2. Coût de production $/minot

2011 2016
Charges avant rémunération du travail 5,23 5,13
Amortissement 0,52 0,60
Rémunération du travail* et de l’avoir 5,38 5,45
Revenus de sous-produits (0,78) (0,43)
 

Total Coût de production

10,34 10,75
 

Revenus de ventes de pommes tardives**

8,34 10,32

* Rémunération calculée pour les exploitants, la famille et pour les salariés

** Prix comprend 47,9 % de pommes vendues en fantaisie ( 17,78$/minot) et 52,1 % vendues pour la transformation ( 3,48 $/minot).

 

Et finalement!

Au total, l’accroissement des revenus (+2 $/minot) et le contrôle des charges ont permis aux entreprises d’améliorer leur situation économique au cours des cinq dernières années. En 2016, les revenus couvrent ainsi 96 % du coût de production.

Les cinq dernières années sont porteuses de plusieurs changements dans la production pomicole. Une modernisation et une augmentation des rendements ont fait en sorte qu’il se cueille davantage de pommes par unité-arbre et par hectare aujourd’hui que dans les quinze dernières années. Mais quelle sera la situation de demain? Et vous, quel est votre coût de production?

Vous voulez en apprendre plus sur le coût de production sur secteur Pommes tardives. Visitez le www.cecpa.qc.ca pour découvrir le sommaire de l’étude. Le rapport complet sera publié au courant du mois d’avril prochain.

[1] L’unité-arbre est une mesure utilisée par la Financière agricole du Québec pour déterminer de manière uniforme les vergers considérant les différentes catégories de pommiers (standards, semi-nains et nains) qui les composent. L’unité de référence est un pommier standard de 21 à 30 ans.

*Texte réalisé par le Centre d’études sur les coûts de production en agriculture.

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