À la recherche d’une luzerne plus nutritive pour les vaches laitières

Le vaste projet de recherche regroupe un grand nombre de chercheurs

Une équipe multidisciplinaire de chercheurs de partout au Canada travaille sur l’amélioration des fourrages, et plus précisément de la luzerne, dans le but d’accroître l’efficacité de la production du lait et la durabilité des fermes laitières.

Le travail de recherche est piloté par la chercheuse Annie Claessens, d’Agriculture et Agroalimentaire Canada à Québec. Sa spécialité est justement la génétique des plantes fourragères. Les chercheurs et collaborateurs sont issus de plusieurs centres de recherche, universités canadiennes et étrangères, et ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. Le projet porte le titre Accroître la production et l’utilisation de fourrages à base de luzerne au Canada.

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«Notre objectif global est d’accroître la valeur nutritionnelle de la luzerne, son rendement et sa persistance grâce à la sélection génétique et à la gestion des cultures», dit-elle dans Blogue Recherche laitière du 2 décembre 2019.

«Nous avons recours à la génétique pour identifier et sélectionner les caractères dans les populations de luzerne qui apportent un meilleur ratio énergie/protéine afin d’obtenir une valeur nutritionnelle plus élevée dans les fourrages à base de luzerne donnés aux vaches laitières, ajoute-elle. Nous sélectionnons également les caractères associés à un rendement plus élevé, à la persistance dans le temps et à la résistance aux maladies.»

Le développement de nouveaux cultivars est très long, de 10 à 20 ans, mais il en vaut la peine puisque l’alimentation représente le principal poste de dépense et que les fourrages représentent de 50 à 60% de la ration des vaches. Une étude économique a démontré que ce type de recherche est rentable.

Il s’agit de la suite d’un premier projet de recherche du Dre Claessens. Il avait permis d’identifier 26 gènes associés à la concentration en sucre dans la luzerne, de développer deux populations de luzerne ayant des concentrations en sucre plus élevées et d’associer différentes pratiques de régie culturale, favorisant un ratio énergie/protéine plus élevé.

Le matériel végétal ayant une concentration plus élevée en sucre est sélectionné et sera planté dans des parcelles d’essai au Québec, en Alberta et en Saskatchewan afin d’étudier les plantes sous différentes climats.

Les données et le matériel génétique issus des essais d’évaluation de la luzerne menés partout au Canada seront mis à la disposition des sélectionneurs de plantes fourragères canadiens afin qu’ils sélectionnent des populations expérimentales et possiblement qu’ils commercialisent de nouveaux cultivars améliorés. De nouvelles pratiques de gestion des cultures visant à accroître la valeur nutritive des fourrages, le rendement des fourrages et la persistance de la luzerne seront mises au point et communiquées aux producteurs laitiers et aux conseillers en culture.

Ultimement, la disponibilité de nouveaux cultivars de luzerne permettra d’augmenter la production de lait fourrager et d’améliorer l’utilisation de la protéine, et donc, de réduire la dépendance aux concentrés et les rejets azotés.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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