Azote et soya: pas la panacée indiquent les chercheurs

Les études ont établi les besoins du soya en azote durant sa croissance, surtout durant les périodes R3 et R6. La plante va habituellement chercher l’azote disponible dans le sol, ou bien en le captant de manière biologique (biological nitrogen fixation). De nombreuses recherches ont été faites sur le meilleur moment d’appliquer l’azote, le taux d’application ainsi que sur le type d’engrais azoté.

Devant la diversité des résultats et l’absence de recherches menées simultanément sur plusieurs sites aux États-Unis, un groupe de chercheurs de l’Université du Wisconsin a eu l’idée de regrouper toutes les données sur les études menées de 1996 à  2016, sur 105 sites et à travers 16 états américains, pour un total de 5991 résultats de parcelles.

Le résultat est plutôt étonnant puisque cette méta recherche conclut que seulement 1% de la variabilité totale dans chaque année et pour chaque recherche est lié à l’azote. Seulement 16 des 207 environnements étudiés ont montré un lien avec une augmentation du rendement qui était de 0,14 à 0,5 boisseau à l’acre pour chaque 10 livres d’azote appliqué. L’effet de l’azote est plutôt faible par rapport à d’autres éléments qui influencent la présence d’azote dans le sol, telle que la météo et les pratiques culturales. En fait, ces pratiques peuvent influencer à elles seules le rendement du soya, ou encore en interaction avec la décision d’appliquer ou non l’azote.

Les chercheurs ont eu la puce à l’oreille en voyant que les rendements variaient de 50,6 à 86 boisseaux à l’acre pour des études menés en Illinois Dakota du Nord et l’Ohio. Ces expérimentations avaient quatre variables communes concernant les pratiques (l’irrigation, le taux de semis, le labour et la largeur des rangs) et deux sur l’azote (le moment et la quantité).  Les résultats indiquent que les pratiques culturales interagissent avec les décisions liées à l’azote, ce qui a son tour va influencer la réponse du soya à l’ajout d’azote et par conséquent le rendement.

En conclusion, les chercheurs indiquent que les décisions liées à la gestion de l’azote avaient un effet mesurable mais faible sur le rendement du soya. « Dans l’ensemble, les effets limités de l’azote, lié aux coûts de l’application indiquent qu’il est peu probable que ces effets limités entrainent des retombées économiques positives, à partir de décisions de fertilisation d’azote », écrivent les chercheurs. Ils ajoutent que le résultat de la recherche suggère que la gestion de l’azote peut seulement être optimisée en considérant les pratiques liés aux cultures puisque ces dernières interagissent avec le moment et le taux d’application de l’azote.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

Commentaires