C’est le temps de faire du dépistage dans les champs

Le Réseau d’avertissement phytosanitaire (RAP) a émis un avertissement pour les grandes cultures concernant deux prédateurs, le ver-gris noir et la chrysomèle du haricot.

Bien que présent de manière faible à moyenne pour le moment, le ver-gris noir a été détecté dans les pièges placés sur le territoire. En général, dans le sud et l’ouest de la province, le pic de captures a été observé pendant la période se terminant le 18-19 mai (dates de relevé des pièges). Pour les régions les plus à l’est, ce pic a plutôt été observé lors du relevé des pièges du 25-26 mai. Leur détection semblerait être un peu décalée cette année comparativement aux années précédentes. Les plants de maïs ayant dépassé le stade de cinq feuilles ne sont plus à risque tandis que ceux aux stades de deux et trois feuilles sont les plus vulnérables.

Le RAP détermine ainsi les champs les plus à risque:

  • Les champs dans lesquels il y a beaucoup de mauvaises herbes deux semaines avant le semis, car ces champs sont plus attractifs pour la ponte. Les larves préfèrent s’alimenter de mauvaises herbes plutôt que de maïs. Le ver-gris noir apprécie plus particulièrement la patience crépue, le chénopode blanc, la barbarée vulgaire, le tabouret des champs ainsi que les volontaires de céréales d’automne.
  • Les champs semés sur un retour de seigle d’automne.
  • Les champs semés sur un précédent cultural de soya (présence de résidus de soya).
  • Les champs en semis direct, surtout sur un retour de prairie ou de soya.
  • Les champs qui ont un historique d’infestations par le ver-gris noir.

Dates de dépistage des dommages et des larves
À partir des dates d’arrivée des adultes, il est possible d’estimer, sur la base du nombre de degrés-jours accumulés, le moment où la larve est suffisamment grosse pour couper les plants de maïs. Le tableau ci-dessous montre une estimation d’apparition des premiers plants coupés et de début de coupe intensive pour différentes régions sur base de pontes s’étalant du 30 avril au 22 mai 2020.

Image Agri-Réseau

 

La chrysomèle du haricot aussi présente

Depuis les derniers jours, la chrysomèle du haricot a été observée au même endroits en Montérégie que dans les deux dernières années, soient aux alentours de Saint-Denis-sur-Richelieu, Saint-Urbain-Premier et Saint-Jacques-le-Mineur.

Dans le soya, le RAP souligne que les impacts de l’insecte reposent sur le stade de développement de la culture, le taux de défoliation et les dommages causés aux gousses. La culture est surtout fragile aux infestations quand seuls les cotylédons sont sortis. À partir du stade unifolié, le soya est plus tolérant à cet insecte. Selon les endroits, le soya se trouve dans ce stade de croissance, dont le sud de la province.

Pour dépister la chrysomèle, il faut sélectionner au hasard au moins 5 rangs dans le champ et dénombrer les chrysomèles sur une distance de 5 mètres dans chacune des zones. Selon le seuil d’intervention recommandé en Ontario, pour les stades crochet à deux feuilles trifoliées (VE à V2), une intervention pourrait être justifiée lorsqu’il y a au moins 52 chrysomèles pour 1 mètre de rang, indique le RAP. Le moment idéal pour les dépister est tôt le matin. Il faut veiller à créer le moins de turbulence possible en marchant, car les insectes tendent à se laisser tomber et se cacher dans les fentes du sol.

À partir des œufs pondus par les adultes qui peuvent être observés maintenant, une nouvelle génération émergera au cours du mois de juillet. L’impact de cette génération sur la culture devra être évalué sur base de la défoliation et des dommages aux gousses qu’elle entraînera.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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