Comment bien faire son lit de semence ?

Un bon lit de semence est essentiel pour permettre au sol de remplir ses fonctions.

Comment bien faire son lit de semence ?

La préparation du lit de semence est une étape importante pour bien débuter la saison. Voici quelques conseils de l’agronome Nicolas St-Pierre, présenté lors des Conférences 2021 du Bulletin des agriculteurs.

Les propriétés d’un bon lit de semence


La préparation du lit de semence vise à ce que le sol puisse remplir quatre fonctions distinctes. Premièrement, qu’il arrive à évacuer les volumes d’eau importants apportés par de fortes précipitations (illustration 1). Ensuite, qu’il serve de barrière contre l’évaporation. Troisièmement, qu’il fournisse par capillarité l’eau nécessaire au développement des radicelles (illustration 2). Et enfin, qu’il permette un bon échange gazeux au travers des particules de sol (illustration 3).

La structure de sol recherchée

Préparer un lit de semence, c’est en fait préparer un substrat composé de trois couches distinctes, chacune jouant un rôle spécifique. En surface se retrouve une couche constituée d’agrégats grossiers, soit d’un diamètre pouvant atteindre 3 cm. Ces agrégats préviennent la formation d’une croûte de battance lors d’une forte pluie.

Sous celle-ci se trouve une deuxième couche formée d’agrégats plus fins. Cette couche devrait avoir une profondeur équivalente d’une fois et demie à deux fois la profondeur de la semence. On vise à ce que 40% à 50% des agrégats la composant aient un diamètre égal ou inférieur à celui de la semence.

Finalement, sous ces deux couches, on veut préserver un fond ferme et non compacté. Cela assurera la portance des équipements de semis tout en procurant un écoulement rapide des eaux lors de fortes précipitations et une bonne remontée capillaire (voir illustration 4).

Avant d’entreprendre le travail

il n’existe aucune méthode culturale, aucun outil, aucune stratégie ni aucun réglage qui soit passe-partout, qui permette de réaliser année après année un bon lit de semence. Chaque année, chaque parcelle exige la prise en compte des caracté- ristiques culturales, de l’historique, du potentiel physico-chimique et surtout, des conditions climatiques du moment.

Avant même d’entrer dans le champ à préparer, quatre éléments demandent une attention particulière. D’abord, il faut bien sûr évaluer l’humidité du sol. On veut vérifier comment le sol réagit quand on exerce une pression. Plusieurs pratiquent à cette fin ce qu’on appelle le test du ruban, qui consiste à prendre de la terre dans une main et à essayer de former un ruban avec le pouce.

En deuxième lieu, il est important d’ajuster la pression de gonflage des pneus. Une pression optimale maximisera la portance et limitera du même coup la compaction. Cette vérification devrait inclure les pneus du semoir. Pour obtenir une profondeur de semis uniforme, il est important que ces derniers soient à la même pression.

Ensuite, on vérifiera le lestage de la machinerie, toujours pour une question de portance et de risque de compaction. C’est particulièrement important avec de l’équipement porté, car il faudra peut-être utiliser des contrepoids pour répartir la charge sur les essieux du tracteur.

Enfin, rappelons qu’il est souhaitable de réaliser les travaux de préparation de sol le plus près possible des opérations de semis. En préparant le lit de semence, on crée des particules fines, ce qui a pour effet que le sol retient l’eau davantage. Le risque de compaction est alors plus grand et on peut se voir contraint d’attendre davantage pour semer.

Il est possible de visionner la conférence de l'agronome Nicolas St-Pierre en cliquant-ici

à propos de l'auteur

Journaliste

André Piette

André Piette est un journaliste indépendant spécialisé en agriculture et en agroalimentaire.

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