Comment dépasser les 19 tonnes

On a scruté les pratiques des producteurs américains qui obtiennent des rendements de maïs exceptionnels

Les producteurs de maïs américains tiennent chaque année un concours de rendement qui jouit d’un fort écho chez nous. Cela tient en bonne partie aux résultats spectaculaires atteints par les gagnants. En 2017, par exemple, le champion toutes catégories a obtenu un rendement de 34 tonnes à l’hectare.

Un rendement de cet ordre témoigne de la performance dont sont capables les hybrides modernes quand ils disposent de conditions de culture optimales. Évidemment, on ne cultive jamais dans de telles conditions. Néanmoins, ce concours, qui se tient sous l’égide de la National Corn Growers Association, peut s’avérer très instructif. Ainsi, Mark Jeschke, un spécialiste de Corteva Agriscience, a analysé la gestion pratiquée par les participants affichant un rendement supérieur à 19 tm/ha. Ses conclusions ont été présentées le 28 mars dernier lors d’une journée technique que l’équipe québécoise de la firme a tenu à l’intention des conseillers de clubs agroenvironnementaux et du MAPAQ ainsi que des agronomes-consultants. En voici un apercu :

Le choix de l’hybride : les meilleures performances sont associées aux hybrides offrant une pleine maturité et qui se démarquent par leur potentiel de rendement, leur capacité d’émergence en conditions de stress, leur tolérance à la sécheresse, leur résistance à la verse ainsi que leur résistance aux maladies et aux prédateurs les plus communs.

La population: elle varie entre 25 000 et 55 000 plants à l’acre. Cela témoigne du fait qu’un rendement élevé ne rime pas nécessairement avec un fort taux de semis. En fait, ce constat demeure valable entre 19 et 25 tm/ha. Au-delà de 25 tm/ha, chaque hausse de 5 000 plants à l’acre procure une augmentation de rendement de près de 2 tm/ha.

Écartement des rangs : la majorité de ces participants sèment avec un espacement de 30 pouces.

Date de semis : ces producteurs la veulent la plus hâtive possible. Plus la pollinisation se fait tôt, moins le stress dû à la chaleur ou à la sécheresse se fait sentir.

Rotation des cultures : la majorité de ces champs ont comme précédent une autre culture que le maïs. La recherche a démontré l’existence d’un effet rotation sur le rendement. Néanmoins, le concours démontre qu’il est possible d’atteindre un rendement élevé en monoculture de maïs également.

Travail du sol : on retrouve tous les types de pratique, allant du semis direct au labour conventionnel. Soixante pour cent des producteurs ayant surpassé les 19 tm/ha pratiquent le labour conventionnel, le travail réduit ou le déchaumage.

Gestion de l’azote : le taux d’application de l’azote minéral varie fortement d’un producteur à l’autre, mais la majorité se maintient entre 280 et 390 kg/ha. Cela n’a rien d’exagéré considérant qu’une récolte de 19 tm/ha prélève 376 kg/ha d’azote. Près de 90% des producteurs fractionnent leur azote.

à propos de l'auteur

Journaliste

André Piette est un journaliste indépendant spécialisé en agriculture et en agroalimentaire.

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