Des conseils pour limiter l’amarante tuberculée

Certains plants mesuraient plus de 2 mètres. Source: LEDP (MAPAQ)

C’est un fait, l’amarante tuberculée progresse dans les champs de la province. Pour la première fois l’an dernier, des plants résistants aux herbicides du groupe 14 (i.e., Aim, Reflex, Authority) ont été détectés. Pour essayer de limiter sa propagation et sa présence dans les cultures, le Réseau d’avertissement phytosanitaire (RAP) a émis quelques recommandations basées sur ses dernières observations pour lutter contre cette mauvaise herbe résistante. Le RAP met toutefois l’accent sur le fait qu’une approche intégrée impliquant un autre type d”intervention doit être utilisé dans les pratiques de contrôle.

Premier constat, l’amarante tuberculée est résistante aux herbicides du groupe 14 utilisés en post-levée, donc sur des plantules en croissance active. Utilisés en prélevé, ces même herbicides ont toutefois conservé leur efficacité, même sur les populations d’amarantes tuberculées connues résistantes.

À pleine dose, certains herbicides du groupe 14 en prélevé sont plus efficaces. Ils procurent un excellent contrôle des populations résistantes, soit comparables à celles sensibles. Le résultat peut cependant être variable d’un champ à l’autre, ce qui laisse croire que le biotype de l’amarante tuberculée a une influence sur la réponse à l’herbicide.

À dose réduite, l’effet est beaucoup moins concluant. La germination des individus résistants est significativement plus grande que celle des individus sensibles. Cela démontre qu’à mesure que l’effet résiduel s’estompe dans le sol pendant la saison, et comme l’amarante tuberculée germe en continu toute la saison, ce sont les individus résistants au groupe 14 qui germeront en premier et produiront des semences. Il est donc possible qu’une population devienne résistante aux herbicides du groupe 14, et ce, sans jamais avoir utilisé de groupe 14 en post-levée.

L’utilisation en prélevée d’un herbicide du groupe 14 est donc possible dans les populations résistantes. Cependant, un second moyen de contrôle (soit un autre groupe d’herbicides ou un désherbage mécanique, par exemple) devra être utilisé pour maîtriser les plantules qui émergeront lorsque l’effet résiduel se dissipera ou dans le cas où le biotype d’amarante tuberculé n’est pas affecté par la famille chimique choisie.

Cela est aussi valable pour les populations sensibles traitées en prélevée ou en post-levée, car en raison de la très grande quantité de semences produites par plant (de 35 000 à 4 800 000 graines), un seul plant résistant est nécessaire pour créer une population résistante complète l’année suivante.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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