Début de récolte du soya

Le beau temps inopiné de septembre a fait ce que les journées d’été aurait dû faire, soit faire murir le soya selon un calendrier plus normal. Les deux dernières semaines de température anormalement chaude sur la grandeur du territoire ont fait avancer la maturation des cultures à toute vitesse. Résultat, le soya a perdu sa verdeur pour jaunir de plus en plus, au point que certains producteurs ont pu faire entrer la moissonneuse-batteuse dans les champs. La machinerie était à pied d’œuvre en certains endroits de la Montérégie le week-end dernier alors que le mercure battait des records de chaleur. Mais ces cas demeuraient marginaux, selon Guillaume Doré, agronome pour Semence Pride en Montérégie Ouest. « Dans la majorité des champs, il manque encore de une à deux semaines avant que le soya soit prêt. Les champs qui sont récoltés le sont parce que ce sont probablement des cultivars hâtifs, ou ont été semé tôt. »

Les cultures sont d’ailleurs suffisamment avancées pour avoir un aperçu de la qualité de la récolte. Les gousses se sont remplies grâce à la chaleur de septembre mais les conditions humides de juillet et août n’ont pas été sans conséquence. La moisissure, ou sclérotinia, est présente dans « pas mal de champs », confirme M.Doré. « Les rangs trop denses et le manque de circulation d’air ont favorisé la maladie. C’est notable dans les champs semés en rangs de 7 pouces, 15 pouces et même 30 pouces. C’est une année de moisissure. » Il est encore trop tôt pour savoir si le soya sera déclassé en raison de la présence de sclérotinia, mais ce scénario demeure une possibilité, mentionne l’agronome.

La Financière agricole ne rapportait pas de début de récolte dans son dernier bilan établi le 19 septembre. Ce dernier indiquait un retard de croissance du soya de plusieurs jours à une semaine. Selon les données historiques, 3% de la récolte avait été récoltée en 2015 et en 2013, en date du 19 septembre.

Aux États-Unis aussi la récolte a débuté. Certaines régions accusent un retard sur le calendrier habituel. C’est le cas pour le Michigan, le Minnesota et l’Iowa, l’Illinois, le Dakota du Sud et le Dakota du Nord. Des producteurs sont par contre en avance dans le sud du pays comme en Louisiane, Arkansas et au Mississippi. En général, les récoltes sont entamées à 10% contre 9% pour 2016 et une moyenne sur cinq ans de 12%. Après deux semaines de recul, les conditions se sont stabilisées sur le terrain et 60% des cultures sont estimées de bonnes à excellentes en date du 24 septembre. Le reste est jugé à 29% bien et 12% de mauvais à très mauvais. Le rendement moyen pour l’instant se situe à 48,3 boisseaux par acre pour les États-Unis.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

Commentaires