Départ inégal des fourrages au Bas-Saint-Laurent

Plus de maïs ensilage et d’herbe de soudan cette année

Après deux années de sécheresse, les producteurs du Bas-Saint-Laurent espèrent une bonne récolte fourragère pour 2019. Rien n’est certain de ce côté. Certains producteurs ont eu le désagrément de découvrir des champs implantés l’an dernier qui doivent être repris. Pour combler le manque de fourrages, le maïs ensilage et l’herbe de soudan seront parmi les solutions les plus populaires.

Jérôme Caron de la Société Majeco, un distributeur de semences Pionneer et de semences fourragères Pédigrain explique la situation de la région. « On sort de deux saisons de sécheresse, dit-il. On s’en ressent. Il y a un manque de fourrages. En plus, l’implantation de l’an dernier a été faite en temps de sécheresse. Les rendements de cette année vont s’en ressentir. »

Articles connexes

Jeunes plants de maïs.

Jérôme Caron s’attend à des rendements faibles dans les prairies. « La population des champs implantés en 2018 est en-deça de la normale, dit-il. C’est plus de 50% plus bas que les standards. Normalement, la deuxième année, c’est notre meilleure année. »

Maïs ensilage

Pour pallier le manque de fourrages, plusieurs de ses clients vont semer plus de maïs ensilage cette année. Certains qui n’ont jamais semé d’ensilage de maïs vont même en semer cette année.

Il y a beaucoup d’apprentissage à faire de ce côté, d’autant plus qu’il y aura aussi toute une logistique d’entreposage à régler. L’ensilage de maïs n’est pas entreposé dans le même silo que l’ensilage d’herbe. Les silos-sacs et les meules sont des options à ce niveau. Des forfaitaires seront sollicités. « Il y en a beaucoup ici qui ne sont pas équipés pour ça », dit Jérôme Caron.

Il ajoute que plusieurs producteurs de la région se tournent cette année vers diverses avenues pour pallier le manque de fourrages, comme l’utilisation de plantes de compagnonnage et l’herbe de soudan.

Herbe de soudan

De son côté, Stéphane Michaud, représentant pour Belisle Solution Nutrition au Bas-Saint-Laurent, observe deux phénomènes concernant la survie des prairies implantées en 2018. Selon la stratégie de semis, la prairie a bien ou mal survécu.

« Pour réussir un semis de plantes fourragères, ça prend trois conditions, dit-il. Il faut que le sol soit à plus de 10°C, que la mesure d’humidité du sol soit à 7 sur 10, donc pas trop humide, et que les feuilles des érables soient ouvertes comme ma main. Moi, je n’ai pas encore de client qui a semé des plantes fourragères. »

Il a constaté que les prairies semées avec des céréales ou en implantation pure l’an dernier n’ont pas bien fonctionné. « Avec l’herbe de soudan, je n’ai pas eu ce problème », dit-il. Il ajoute que l’herbe de soudan, une plante de climat chaud, oblige à respecter les trois conditions citées plus haut. La sécheresse de 2018 a d’ailleurs amené une grande affluence de nouveaux clients pour l’herbe de soudan cette année.

Stéphane Michaud dit qu’il faut faire attention lorsqu’on croit à la mortalité des prairies. C’est que le printemps 2019 est très frais et le démarrage de la culture débute plus tard. Chez certains clients, il leur a dit qu’ils n’avaient pas à ressemer. En déterrant un peu de sol, il leur a montré que les plantes étaient bien vivantes.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

Commentaires