Des silos sous surveillance

Plusieurs producteurs de grains ont préféré entreposer leurs grains à l’automne dernier en attendant de meilleurs prix, une situation qui est encore plus présente aujourd’hui en raison de la crise causée par le coronavirus. Les fluctuations sont en effet importantes puisque l’incertitude demeure sur l’orientation des marchés à court, à moyen et à long terme.

Dans les circonstances, l’agronome et professeur Nicolas St-Pierre a offert au début du mois des conseils sur l’entreposage des grains en silos. La préoccupation est d’autant plus grande que les conditions l’automne dernier ont loin d’avoir été idéales et que les extrêmes météo se succèdent ce printemps. La canicule des prochains jours se prêtent moins à une manipulation des grains, mais le temps plus frais dès le week-end pourrait favoriser certaines manœuvres. Voici des extraits tirés d’une publication des Producteurs de grains du Québec.

Les producteurs qui ont entreposé du grain trop humide l’automne dernier doivent profiter des belles journées pour le ramener à un taux d’humidité permettant son entreposage à long terme, durant l’été. Pour y arriver, les producteurs doivent amorcer des cycles de ventilation. Lors de ces cycles, ils pourront porter attention à la présence d’odeur de moisissures au démarrage des ventilateurs.

En cas de présence d’odeur de moisi:

  • Idéalement, vider le silo et transférer son contenu dans une autre structure d’entreposage, puis démarrer un cycle de ventilation en continu pendant deux jours, sous des conditions d’humidité relative et de températures basses.
  • Si le changement de silo n’est pas une option, il faut absolument ventiler sur une base régulière. La fréquence de ventilation habituelle, qui varie entre une à deux fois par mois, peut alors être augmentée, mais seulement en conditions favorables, soit par temps frais et sec.
  • Tenir toujours compte du taux d’humidité relative de l’air ambiant avant de ventiler. L’utilisation des tableaux des taux d’humidité à l’équilibre est essentielle. Ces tableaux sont disponibles ici.

Si une odeur de moisi s’échappe de la ventilation et que le producteur note une présence de chaleur, l’entreposage du grain peut s’avérer difficile. La vente de ce lot devient l’option à privilégier afin de limiter les pertes, sinon vidanger et transférer dans un autre silo.

Pour le grain sec

Une fois le taux d’humidité de votre grain dans la fourchette désirée, il ne vous reste qu’à appliquer la conduite de ventilation propre à chaque saison.

Printemps :

  • réchauffer graduellement la masse de grain en ventilant pour maintenir la température à environ 5 degrés Celsius (°C) plus bas que la moyenne journalière de l’air extérieur, mais sans dépasser 10 °C à l’intérieur du silo.
  • ventiler une à deux fois par mois.

Été :

  • ventiler une à deux fois par mois.
  • toujours faire les changements d’air par temps sec, pour éviter la convection. La nuit peut offrir des conditions plus fraîches.
  • contrôler la température de la masse de grain à l’intérieur du silo pour ne pas qu’elle dépasse 15 °C (pour prévenir le développement d’insectes, dans le haut du silo).

M. St-Pierre recommande d’effectuer une ventilation des silos sur un cycle de trois à quatre heures. Pour modifier la température du grain, il faut procéder à ce calcul qui requerra plus d’heures de ventilation: 15 / débit unitaire du ventilateur (en CFM/boisseau).

Les grains entreposés à 15 °C durant les mois chauds d’été peut se conserver pendant plusieurs mois, mais il est recommandé d’inspecter les silos à chaque semaine ou deux semaines.

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