Du maïs qui peut fixer son azote

Des chercheurs étudient des solutions pour diminuer l'utilisation d'engrais minéraux

La fixation de l’azote est un moyen de fertilisation biologique et sécuritaire. « Elle pourrait être possible pour le maïs plus tôt qu’on le pense », affirme Vânia Pankievicz de l’Université du Wisconsin-Madison. Une récente conférence de la chercheuse à l’organisme Innovative Farmers Association of Ontario a suscité beaucoup d’enthousiasme de la part des producteurs.

La recherche a débuté il y a une dizaine d’années par Howard-Yana Shapiro. Il a étudié   les races primitives du maïs au Mexique. Les races primitives sont un ensemble de populations ou de clones d’une espèce végétale naturellement adaptée aux conditions environnementales de leur région. Les chercheurs espéraient retrouver dans ces régions des microorganismes qui ont évolué avec la culture. Ces derniers peuvent contribuer au développement des plantes en fournissant des éléments nutritifs en période de stress.

« Les bactéries responsables de la formation de nodules pour les légumineuses ne sont pas adaptées aux céréales », souligne la chercheuse qui a rejoint le projet en 2018. « Un différent type de bactéries est nécessaire pour fournir l’azote au maïs ». Le mucilage présent sur le maïs indigène crée un environnement unique permettant à des microorganismes diazotrophiques de fixer l’azote atmosphérique qui est par la suite disponible pour la culture. « La recherche reconnaît une faible quantité d’azote disponible, la présence d’oxygène et un contenu élevé de glucides comme étant les éléments nécessaires pour instaurer la fixation d’azote », poursuit Vania Pankievicz. Mais elle n’avait pas encore identifié l’environnement naturel et les racines aériennes pour contribuer au déclenchement de cette dernière. La chercheuse croit qu’une dizaine d’années seront nécessaires pour introduire le gène de fixation aux hybrides commerciaux en utilisant les outils classiques d’amélioration génétique. « Cette approche novatrice change la perspective de la fertilisation azotée du maïs qui représente une solution pour diminuer l’utilisation d’engrais minéraux », conclut la spécialiste.

Source : Ontario Farmer

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