


*L’été tire à sa fin et bien que la saison des fourrages soit loin d’être terminée, c’est le temps de réaliser un pré-bilan en cette dernière chronique de nos Experts-fourragers.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que certaines régions ont connu un contraste important entre le début de la saison et la période actuelle.
Christian Duchesneau, de Synagri, rappelle quelques éléments du printemps et de la première coupe. « Dans un premier temps, la saison des plantes fourragères a débuté avec une excellente survie à l’hiver, mais avec un printemps froid et beaucoup de précipitation. Sauf en Abitibi-Témiscamingue où la région a été caractérisée par un déficit hydrique. Compte tenu de toute la pluie qu’on a reçue et du peu de chaleur, on se serait attendu à avoir moins de rendement lors de la première coupe, ce qui ne fut pas le cas cette année. Cependant, la fauche a été retardée dans certaines régions puisque des producteurs ont dû terminer leurs semis. Somme toute, une bonne première coupe, avec de très bons rendements et une bonne qualité fourragère. »
Brigitte Lapierre de DLF confirme les bons rendements. « On a eu du bon et du très bon pour la première et deuxième coupes avec de l’eau en quantité, un constat assez général pour l’ensemble des régions. »
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Les conditions actuelles exigent une grande flexibilité et une prise de décision rapide pour un apport en fourrage suffisant. Voici quelques recommandations de nos experts.
La sécheresse a suivi la pluie, à certains endroits assez tôt en juillet et d’autres à la fin du mois, ce qui fait dire à notre expert Vincent Audet, de Machinerie Kuhn, que la variation est importante selon les régions. « Il semble que les deux premières coupes ont été assez bonnes en volume et qualité. Pour la troisième coupe, ça dépend du moment que la deuxième a été faite et il y a beaucoup de variations. » L’Abitibi semble d’ailleurs épargnée cette année après des année de sécheresse très difficiles.
Christian Duchesneau est plus nuancé. Il a remarqué que le « manque flagrant de précipitations a grandement joué sur les rendements de la 2e et de la 3e coupe de foin. Dans certains secteurs, ils se sont avérés beaucoup plus faibles que la normale, puisque les fourrages ont cessé leur croissance et accéléré leur maturité. Certains producteurs ont eu 50 % moins de rendement pour la deuxième fauche en raison de la sécheresse. Ils ont même été obligés d’acheter du foin à l’extérieur. Par contre, d’autres régions et d’autres champs ont tiré leur épingle du jeu. Ceux composés de luzernes, de trèfles et de mélanges de graminées bien fertilisés ont donné de bons rendements. La variabilité a été marquée à travers toute la province. »
Brigitte Lapierre ajoute que le manque d’eau a joué en faveur de la luzerne qui a monopolisé les champs en défaveur des graminées, et ce, dès la 2e coupe. « Dans la 3e coupe, on voit que la luzerne est surreprésentée. Comme quoi, les années se suivent, mais ne se ressemblent pas! »
Du côté de l’alimentation des animaux, l’inquiétude se fait sentir au niveau du maïs-ensilage, fait remarquer Christian Duchesneau. « Il y a une certaine inquiétude qui s’installe chez les producteurs de maïs-ensilage. C’est surtout le cas dans les champs où les plants de maïs atteignent à peine quelques pieds de hauteur, ce qui n’est pas de bon augure pour la récolte à venir. Espérons que la fin de l’été et le début de l’automne changera la donne. À suivre… »
La pluie des derniers jours et la chaleur prévues jusqu’à la mi-septembre pourrait en effet donner un coup de pouce aux cultures en fin de saison.
Et, preuve que la saison n’est pas tout à fait terminée, le Conseil québécois des plantes fourragères (CQPF) tiendra son événement annuel, la Journée à foin, le 23 septembre prochain, qui se tiendra cette année à l’Institut de technologie agroalimentaire du Québec (ITAQ) de Saint-Hyacinthe.
*Texte réalisé en collaboration avec le Conseil québécois des plantes fourragères (CQPF). Les propos exprimés dans le texte relèvent toutefois de l’auteur et n’engagent pas le CQPF.
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