Faut-il resemer suite au gel de cette semaine?

Il est clair que certains devront resemer, prévoit Annie Desrosiers, de Pioneer.

Dame Nature souffre-t-elle de bipolarité! Après avoir offert des records de chaleur la semaine dernière, voilà qu’elle nous a infligé du gel dans les nuits de lundi et de mardi. Tôt mardi, le thermomètre indiquait à peine -3 °C.

Au moment d’écrire ces lignes, l’évaluation des dégâts restait à faire. La zone affectée par le gel semble vaste, comprenant notamment l’Estrie, la Rive-Nord (Montréal), la Beauce et la région de Québec.

Faudra-t-il resemer? Cette question doit tenailler plusieurs producteurs en ce moment. «Pour moi, il est clair que certains devront resemer», prévoit Annie Desrosiers, de Pioneer.

Voici quelques éléments que cette agronome recommande de prendre en considération pour prendre une décision. Dans le cas du maïs, elle rappelle d’abord que le point de croissance se trouve sous le sol tant que le plant n’a pas atteint le stade six feuilles. «Si le point de croissance n’est pas affecté par le gel, indique-t-elle, le plant va poursuivre sa croissance même s’il perd ses feuilles. Il faut attendre de trois à cinq jours pour savoir s’il repart. Si c’est le cas, une nouvelle feuille devrait apparaître à travers les feuilles mortes. En revanche, si le gel a atteint le point de croissance, il va perdre sa blancheur et devenir brun. C’est le signe que le plant est mort.»

Sur la photo de gauche, le gel a atteint le point de croissance alors que sur celle de droite, il s’est arrêté à la surface du sol.

Annie Desrosiers s’inquiète moins pour le soya que pour le maïs, bien qu’elle n’écarte pas la possibilité que des champs doivent être resemés. «Le soya est plus tolérant au gel que le maïs», note-t-elle. Elle souligne que lorsque le plant émerge, les points de croissance se trouvent hors sol. Le plant possède des points de croissance sous les feuilles unifoliées ainsi que sous les cotylédons. «Si les points de croissance sous les unifoliées sont affectés, mais pas ceux sous les cotylédons, la croissance va se poursuivre, décrit-elle. Mais si le gel est descendu sous les cotylédons, le plant va mourir.»

Au moment où vous lirez ces lignes, il devrait être possible de poser un diagnostic.

 

 

à propos de l'auteur

Journaliste

André Piette

André Piette est un journaliste indépendant spécialisé en agriculture et en agroalimentaire.

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