Fiable, ce capteur de rendement?

Plus l’humidité du maïs est élevée, plus il faut recalibrer le capteur de rendement

La récolte du soya tire à sa fin. Celle du maïs-grain s’enclenchera sous peu. Selon toutes probabilités, le maïs va se récolter très humide. «On va se lancer souvent à 30 % ou 32 % d’humidité, anticipe l’agronome Sandrine Parent. Alors qu’en année normale, on bat autour de 28 %.»

«À moins que ne survienne un vrai gel d’ici là!, lance la spécialiste en services numériques de Corteva. Quelque chose comme un -5° pendant une nuit complète.»

«Il reste du maïs avec des feuilles vertes et il ne progresse pas, constate-t-elle. On n’accumule plus de degrés-jours. Un gros gel ferait tout mourir, ce qui ferait tomber l’humidité.»

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Un gel imprévisible, bien sûr. Par contre, prévisible est l’importance que prendra cette année la calibration du capteur de rendement. «Plus l’humidité est élevée, plus il faut recalibrer souvent le capteur», souligne Sandrine Parent. Rappelons qu’un écart d’humidité de 5 % par rapport au point de calibration entraîne une erreur de 6 % dans l’évaluation du rendement. Avec un écart de 9 %, l’erreur gonfle à 12 %!

L’idée de devoir recalibrer plusieurs fois risque d’en faire grimacer certains. Pas parce qu’une calibration est longue ou compliquée. «Si on dispose d’une balance, c’est l’affaire de cinq minutes, note-t-elle. Sinon, c’est sûr qu’il faut pouvoir compter sur le représentant et sa balance.» La conseillère croit que le véritable frein à la calibration est plutôt d’ordre psychologique. «Le producteur est déjà accaparé par les ajustements de sa batteuse et l’évaluation de l’humidité du grain», perçoit-elle.

L’importance de compiler des données de rendement fiables n’est pourtant plus à démontrer. Elles permettent de valider ses pratiques, de mieux connaître ses champs ou d’évaluer ses hybrides.

Sandrine Parent estime que le minimum à faire en matière de calibration, c’est une fois par culture. Par contre, le producteur qui veut «élever son jeu» recalibrera dès que l’humidité variera de plus de 4 %. Et puis, celui prêt à pousser la rigueur encore plus loin le fera dès que survient un changement d’environnement : variation du poids à l’hectolitre, changement de champ ou d’hybride, etc.

L’agronome y va d’un dernier conseil : «Il est souhaitable de prendre trois pesées à des vitesses différentes pour faire varier le flux de grain dans le batteuse, dit-elle. Cela crée une meilleure courbe d’étalonnage.»

 

à propos de l'auteur

Journaliste

André Piette est un journaliste indépendant spécialisé en agriculture et en agroalimentaire.

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