L’impact de la sécheresse sur les jeunes plants de maïs

La pluie des derniers jours a procuré un peu de répit aux cultures mais le déficit hydrique est loin d’avoir été comblé. Quel sera l’impact sur l’évolution sur des jeunes plants de maïs qui connaissent habituellement une forte croissance à cette période, soit au stade V6–V8?

L’agronome Stéphane Myre de Bayer a tenté de répondre à cette question dans une récente fiche technique. Les réponses demeurent conditionnelles aux aléas de Mère Nature dans les prochaines semaines mais voici certains des scénarios et impacts qui pourraient se produire.

La sécheresse peut avoir favorisé le développement racinaire en menant à un enracinement initial plus profond des jeunes plants de maïs, un avantage si plus tard en saison les conditions sèches et chaudes se reproduisent. Habituellement, c’est souvent le scénario contraire qui se déroule au printemps. L’excès de pluie provoque plutôt le développement de racines en surface, ainsi que des problèmes de Pythium.

Toutefois, un sol trop sec au moment du développement des racines nodales des jeunes plants (V2-V6) peut causer le sèchement et la mort des jeunes racines. « L’une des conséquences d’une telle sécheresse en début de saison est le développement de maïs « sans racines » qui est traduit en anglais par l’expression  rootless floppy corn et une diminution potentielle de la population », mentionne M.Myre, un phénomène qu’il a pu observer dans plusieurs champs dans les dernières semaines.

L’apparence des plants peut aussi donner des signes du stress subi en raison de la sécheresse. Les jeunes plants roulent leurs feuilles afin de ralentir les pertes d’eau par transpiration. La réaction est causée par la fermeture des stomates de la feuille. La photosynthèse est toutefois compromise par cette mesure de protection du plant.

L’impact du roulement des feuilles et la réduction associée de la photosynthèse pèsent sur les jeunes plants de maïs, soit en retardant le développement éventuel des plantes (plantes plus courts, feuilles plus petites), soit en limitant la grosseur des épis (formation des ovules pendant la période de croissance rapide).

Les impacts possibles de la sécheresse sont donc :

.perte de la population végétale due à la mort des plants

.une perte du nombre potentiel de grains avant la pollinisation (c.-à-d. la formation d’ovules) et/ou

.une diminution du nombre de grains formés après la pollinisation (c.-à-d. avortement de jeunes grains)ou du poids du grain, puisque les plants sont plus petits et incapables de fournir adéquatement les photosynthétats (les ressources) nécessaires au plant.

Ne reste plus qu’à voir ce que nous réservera le reste de la saison.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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