Logiag remporte un prix pour sa technologie LaserAg

La société québécoise Logiag a reçu une bonne nouvelle récemment. Sa participation à un concours international organisé par le groupe américain IndigoAg a débouché sur un premier prix après un an d’évaluations. Le prix a été remporté dans la catégorie « Quantify ». Le concours comportait deux autres sections appelées « Accelerate » et « Reward ». En tout, 230 sociétés de 44 pays ont participé au concours.

IndigoAg est un leader et un joueur mondial dans le domaine des réductions de gaz à effet de serre (GES) en agriculture.

Comme l’explique Jacques Nault, vice-président agronomie de Logiag, le concours visait à identifier une technologie nouvelle et efficace pour mesurer les quantités de carbone organique dans les sols. « À l’automne dernier, on nous a demandé de faire un échantillonnage dans un champ de 144 acres. Nous étions évalués sur la rapidité, l’efficacité et la précision de nos tests et on a gagné haut la main. »

Comme l’indique son nom, LaserAg utilise un spectromètre au laser (ou LIBS) pour analyser le sol, par le biais de 15 paramètres. La méthode communément utilisée aujourd’hui pour mesurer le carbone se fait par modèle mathématique, tout en tenant compte des pratiques agricoles de l’agriculteur, explique M. Nault.

Le prix décerné par IndigoAg pourrait changer la donne pour leur technologie, explique le gestionnaire. « Au niveau international, beaucoup de monde regarde IndigoAg et ce qui est fait pour comptabiliser le carbone. Le prix est une preuve de notre viabilité et de notre crédibilité. C’est un sceau de qualité. »

Une nouvelle étape excitante pour l’agriculture

Pour Jacques Nault, les prochaines années pourraient être le début d’une révolution pour l’agriculture, la captation de carbone et les changements climatiques. Ce qu’il souhaite, c’est que sa technologie fasse partie de la trousse des agriculteurs qui utiliseront les données sur la teneur en carbone organique du sol. Avec des pratiques culturales comme les couverts végétaux, les intercalaires ou les résidus verts, ils seront en mesure de capter davantage de CO2 et de le séquestrer dans le sol.

« L’agriculture est dans une situation unique. Il existe trois puits de carbone dans le monde : les océans, les forêts et les sols. Les sols agricoles sont cultivés depuis 100 ans au Québec et les quantités de matière organique diminuent. Mais il y a un énorme potentiel de récupérer le CO2 par les matières organiques stables.»

D’émetteur de carbone, le secteur agricole deviendrait carboneutre et même carbonégatif d’ici cinq à 10 ans. « On pourrait être en amont avec l’agriculture dans le marché du carbone », renchérit M. Nault qui voit les agriculteurs vendre leur crédit carbone ici, qui serait ensuite achetés par le gouvernement provincial. Ce dernier a déjà fait part de son intention d’acheter des crédits carbone en Californie. Des achats de crédits carbone québécois permettraient de garder l’argent dans la province. « C’est la première fois que j’ai une écoute attentive du MAPAQ », confie le gestionnaire qui a fait des démarches depuis plusieurs années au gouvernement. Une captation de 1% du carbone dans le sol, sur une superficie d’un hectare (10 000 mètres carrés), se traduit par une réduction de 100 tonnes de CO2.

Au moment où les impacts des changements climatiques sont de plus en plus visibles et mesurables et que les gouvernements semblent prêts à soutenir des mesures pour contrer le phénomène, les circonstances semblent propices à un rôle plus grand de l’agriculture dans la prochaine crise planétaire. M.Nault est enthousiaste face à l’avenir. Il voit l’agriculture prendre un rôle de leader dans les prochaines années. “La cavalerie, c’est l’agriculture”.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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