Pas de miracle en vue cet automne pour les cultures

La fin de l'été pourrait même être abrupte cette année

En terminant leurs semis bien au-delà de la date habituelle, plusieurs producteurs ont peut-être espéré qu’un automne chaud pourrait sauver la mise de la saison 2019 qui a débuté sur de bien mauvais augures, un peu à l’exemple de 2017. Il semble toutefois qu’il faudra mettre un trait sur ce scénario, si on se fie à l’analyse du météorologiste en chef de l’entreprise Weather Trends. Conférencier invité au Rendez-vous végétal de 2018, ses prévisions avaient donné dans le mille.

Articles connexes

Le Bulletin a sollicité son avis sur les tendances météo de cette année. Verdict, l’été pourrait se terminer de manière abrupte, mettant fin à la période de croissance des cultures. “Les Prairies courent plus de chances de voir un automne chaud, alors que des régions comme l’Ontario et le Québec courent le risque d’un gel hâtif en septembre, mettant fin possiblement à la période de croissance des cultures plus tôt que plusieurs l’auraient souhaité. La température à travers le Canada devient plus douce que ce qui est normal dans les mois d’octobre et de novembre mais il est alors trop tard pour les cultures dont la période de croissance est terminée. Et même si ce n’est pas le cas, le nombre décroissant des heures d’ensoleillement y voit.”

La météo offrira un répit dans les prochaines semaines, Celui-ci sera toutefois de courte durée. M.Woolley anticipe en effet du temps chaud et sec pour les deux à trois prochaines semaines pour la plupart des régions du Québec avec des températures typique d’été pour débuter juillet. Le modèle météo qui affecte la province depuis plusieurs mois devrait par contre revenir au galop par la suite, en raison de températures plus froides que normales dans le nord de l’océan Atlantique, ce qui devrait avoir un impact plus important pour l’est de la province ou le temps chaud n’aura pas tendance à rester. “Malheureusement, la tendance dominée par un temps plus froid tendra à revenir dans la majeure partie de l’Ontario et du Québec avec des précipitations normales ou supérieures à la normale, un patron météo qui devraient se poursuivre en août et jusqu’en septembre”.

Il a été question plusieurs fois du froid et de la pluie inhabituelle du printemps dernier. Des records de pluie ont été battus aux États-Unis et les retards dans les semis sont historiques dans plusieurs régions. Même si des anomalies climatiques peuvent se produire, peut-on faire des liens cette année avec le réchauffement de la planète et les changements climatiques? En somme, doit-on s’attendre à ce que ce type de météo devienne la norme? Sur cette question, M.Woolley indique que la recherche n’a encore que peu de réponses. Certains indices pointent vers l’Arctique où la fonte des glaces tend à retarder l’hiver et le prolonger au début du printemps. Le météorologue note que ce phénomène a déjà été observé auparavant. Du début au milieu des années 90, les printemps ont été froids avant que le patron ne s’inverse de 1998 à 2012. “S’agit-il d’un effet des changements climatiques ou d’une sorte de cycle naturel? Je pense que le jury garde encore son verdict à ce stade.” Il ajoute que la communauté scientifique s’accorde pour dire que les printemps auront tendance à être plus chauds et commencer plus tôt. Ce scénario n’écarte pas les coups de froid, au contraire. Les gelées mortelles après la levée des semis pourraient devenir plus fréquentes.

Et qu’en est-il de El Nino dans ce portrait? Le phénomène climatique est en effet présent, bien qu’il soit de faible intensité. M.Woolley prévoit qu’il disparaitra au cours du prochain hiver (2020) pour être remplacé par un autre phénomène climatique, La Nina. Dans ce cas, le patron météo sera vers une tendance à du temps plus sec pour la majorité de l’Amérique du Nord, à l’exception de l’ouest du Canada.

 

Commentaires