Pourquoi appliquer encore de la chaux?

Corriger le pH est l’une des premières interventions pour une meilleure gestion des sols. Des baisses de rendement sont possibles si le pH est en dessous du seuil critique. Appliquer de la chaux peut être nécessaire pour obtenir le pH désiré.

Le pH est l’unité pour mesurer l’acidité « active » du sol. Il influence les échanges d’éléments minéraux entre la solution du sol et les racines des plantes. Les analyses de sol fournissent deux données : le pH du sol (ou solution) et le pH tampon. Le premier indique la nécessité ou non d’appliquer de la chaux et le second indique la quantité à appliquer. Les sols avec un contenu élevé en argile ou en matière organique ont un réservoir d’acidité plus grand. Il faut donc plus de chaux pour la neutraliser et atteindre le pH désiré. Le pH tampon tient compte de la capacité du sol. La quantité à appliquer dépend aussi de la qualité de la chaux. L’Indice de Valeur Agricole (IVA) est calculé en multipliant le pouvoir neutralisant par l’efficacité du produit. Il détermine la valeur commerciale de la chaux agricole.

Chaux calcique, magnésienne ou dolomitique

La chaux agricole naturelle est produite dans une quinzaine de carrières au Québec. La pierre est extraite et broyée finement afin d’augmenter son efficacité. Ces produits contiennent principalement du carbonate de calcium (CaCO3). Toutefois, la chaux peut également contenir des quantités importantes de magnésium. La norme du Bureau de normalisation du Québec définit trois catégories de chaux agricole naturelle selon leur teneur en magnésium.

  • Chaux calcique (entre 0 et 4,9 % de carbonate de magnésium (MgCO3)
  • Chaux magnésienne (entre 5 % et 19,9 % de MgCO3)
  • Chaux dolomitique (plus de 20 % de MgCO3)

Il est avantageux d’utiliser la chaux dolomitique ou magnésienne sur un sol dont la teneur en magnésium assimilable est faible. L’application de chaux corrige à la fois le pH et représente une des sources les plus abordables de magnésium.

Fertilité et pH

Un sol trop acide (< 5) peut causer des symptômes de toxicité de l’aluminium sur les plantes. Le pH a aussi un impact sur l’activité microbiologique. L’acidité trop élevée peut aussi nuire à la nodulation des plantes légumineuses fourragères, leur persistance et ralentir leur croissance.

Chaux et semis direct

Une portion importante des racines se retrouvent dans les 15 premiers centimètres. Il est essentiel d’avoir le bon pH à cette profondeur pour optimiser la disponibilité des éléments nutritifs du sol. C’est pourquoi les quantités de chaux sont calculées pour une couche arable de 17  cm. Un travail de sol conventionnel permet d’incorporer la chaux pour la distribuer uniformément dans cette zone. Pour les champs en semis direct ou les prairies et pâturages, il y a des risques de surchaulage si on n’ajuste pas les doses. N’étant pas très mobile, la chaux pénètre seulement les 5 à 7,5 premiers centimètres du profil de sol. Les quantités appliquées doivent en tenir compte.

Application à taux variable

L’application de chaux à taux variable à l’aide du GPS permet d’adapter la dose en fonction des besoins en chaux géoréférencés. Une carte de prescription est préparée pour chaque champ et permet un épandage rapide et précis.   Mais il faut d’abord caractériser le pH par des échantillons de sol pour chaque zone. Sinon, on applique une dose moyenne pour tout le champ. Pour les sols sableux, il est important de fractionner les apports de chaux si la quantité recommandée est élevée (> 7 t.m./ha).

Source : Corn and Soybean Digest, Minnesota Crop News, CRAAQ, Guide de fertilisation 2e édition

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