Que doit-on surveiller dans les plantes fourragères en 2021?

*Depuis quelques années, j’ai la chance d’écrire la première chronique Experts-Fourragers de la saison et, comme je l’avais indiqué l’an passé et comme vous le savez tous, « tous les printemps arrivent mais ne se ressemblent pas »! 

Avec les beaux 20 ºC qu’on a récemment connus pendant plusieurs jours, un printemps très hâtif s’annonçait.  Les semis de nouvelles prairies étant quasiment terminés en Montérégie et dans Lanaudière, on pensait bien commencer le maïs avec deux semaines d’avance, mais les températures froides et la neige sont réapparues...  Doit-on être inquiets pour nos prairies avec ce refroidissement et doit-on surveiller des situations en particulier?

Tout d’abord, il faut être conscient que, présentement, dans la plupart des régions du Québec, l’eau se fait rare dans les sols.  La neige qui est tombée est tout juste suffisante pour amorcer la germination des semences en terre (voir carte). 

De plus, il faut se rappeler la période de sécheresse lors des semis du printemps 2020 et ses conséquences par la suite.  Le semis de luzerne s’en est bien sorti mais surtout grâce à une deuxième levée au mois d’août! Les graminées qui l’accompagnaient n’ont pas eu la même veine: elles ont séché et sont mortes debout, ayant à peine germé…Ce phénomène est davantage observé dans le cas d'une plante abri, comme l’herbe du Soudan qui est utilisée pour implanter une prairie; après avoir soutiré toute l’eau à son profit, elle ne laisse que dalle aux petites graminées en-dessous pour développer leur système racinaire. Bref, ce printemps, plusieurs sursemis de graminées ont été effectués et même dans des implantations complètement neuves! 

Autre situation à surveiller : les implantations de fin d’été 2020.  Là encore, nous avons connu une période de sécheresse.  Le système racinaire s’est très peu développé, et la neige qui a rapidement disparue au printemps 2021 a laissé peu d’eau dans le sol.  Si les pluies à venir sont abondantes, je vous dirais de ne pas hésiter à retourner voir ces semis, car il se peut que les jeunes plantules restent les pieds dans l’eau froide trop longtemps et meurent. Pour le moment, et heureusement, nous n’en sommes pas là!

En résumé, pour cette année, très peu pour ne pas dire PAS de mortalité dans les prairies de légumineuses mais absence de graminées dans les implantations de l’an passé. Avec les resemis de graminées et leur demande grandissante dans les mélanges de plantes fourragères, les inventaires de ces semences sont à un niveau des plus bas, et rien ne laisse présager une amélioration du côté de la production de semences fourragères en 2021.  En effet, les modèles de prévisions météorologiques à long terme annoncent encore de la sécheresse (voir carte). On peut ainsi s’attendre à une faible production, donc à un inventaire encore plus restreint, et à une hausse des prix des semences fourragères pour 2022.

*Texte réalisé en collaboration avec le Conseil québécois des plantes fourragères. Les propos exprimés dans le texte relèvent toutefois de l’auteur et n’engagent pas le CQPF.

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