S’armer contre la sécheresse

Les hybrides de maïs tolérants à la sécheresse gagnent en popularité chez nos voisins du Sud

Dans un rapport publié récemment, le Département américain de l’agriculture indique qu’en 2016, cette catégorie d’hybrides occupait 20 % des superficies de maïs. Une donnée impressionnante quand on sait que les premiers hybrides tolérants à la sécheresse ont été lancés en 2011. En fait, ce rythme d’adoption se compare à celui des hybrides tolérants à un herbicide ou résistants à un insecte durant la décennie précédente.

Cette même année, on retrouvait des hybrides tolérants à la sécheresse dans 18 États. Sans surprise, c’est au Nebraska et au Kansas, des États disposant d’un climat semi-aride, qu’ils sont les plus populaires. Ils y représentaient respectivement 42 % et 39 % des hybrides vendus. Néanmoins, ils accaparaient tout de même de 11 % à 20 % des surfaces dans des États dont les conditions climatiques se rapprochent des nôtres : New York, Wisconsin, Minnesota et Michigan.

Les producteurs voient souvent dans ces hybrides l’équivalent d’une police d’assurance. Pour leur part, ceux qui cultivent le maïs sous irrigation le font par souci d’économie. La capacité que possèdent ces hybrides de donner un rendement normal dans des conditions hydriques sub-optimales permet en effet de diminuer le volume d’eau d’irrigation.

Au Québec, peu de producteurs sélectionnent ces hybrides spécifiquement pour leur tolérance à la sécheresse, selon l’agronome Martin Lanouette, gérant des ventes au Québec pour Syngenta. «Nos hybrides qui possèdent cette technologie que nous appelons Artesian sont de plus en plus populaires, rapporte-t-il, mais c’est souvent parce qu’ils offrent de bonnes performances en comparaison des autres hybrides.»

L’été dernier, dont on n’a pas oublié les conditions météo exceptionnelles, le spécialiste a observé que les hybrides Artesian performaient mieux à certains endroits.

Il existe deux types d’hybrides tolérants à la sécheresse. Certains sont obtenus par le biais du génie génétique, alors que d’autres résultent d’une sélection réalisée de manière traditionnelle. Les hybrides NK appartiennent à la deuxième catégorie. «On a identifié douze gènes qui influencent la capacité de la plante à utiliser l’eau, décrit Martin Lanouette. Il faut qu’il y ait au moins six gènes qui s’expriment pour que nous considérions un hybride tolérant.»

à propos de l'auteur

Journaliste

André Piette est un journaliste indépendant spécialisé en agriculture et en agroalimentaire.

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