Tournée des grandes cultures, un premier aperçu

La Tournée des grandes cultures a bénéficié d’un soleil généreux pour mener à bien son inspection dans plus de 200 champs répartis dans quatre régions du Québec. Selon les premières observations, la sécheresse a bel et bien eu des impacts sur les cultures mais sans toutefois ruiner les espoirs de rendements adéquats pour 2020. « On devrait s’en sauver grâce à la pluie qui est tombée à partir de la fin juillet mais on ne doit pas s’attendre à des rendements exceptionnels cette année », confirme l’organisateur de l’événement, Jean-Philippe Boucher.

Un constat est d’ailleurs le même parmi les nombreuses personnes déployées sur terrain : dans toutes les régions visitées, les populations sont très variables dans un même champ, que ce soit dans le soya ou le maïs. « Au cours de l’échantillonnage, c’était très rare d’avoir trois épis uniformes », relève l’organisateur. La sécheresse a fait en sorte que plusieurs épis n’ont pu se remplir complètement.

Le phénomène a été observé autant dans le maïs que dans le soya. Dans ce dernier cas, la variabilité s’est manifestée dans la taille des plants dans un même champ. Les régions les plus affectées par le manque d’eau au cours de la saison seraient la Mauricie sur la Rive-Nord ainsi que les zones longeant la rivière Richelieu, dans sa partie sud.

« Ça rend plus ambiguë les prévisions au niveau du rendement », ajoute M.Boucher. Il entrevoit tout de même des rendements qui seraient plus intéressants dans le soya que dans le maïs ou l’effet wow est absent, selon les données disponibles.

Par contre, les gens de la Tournée n’ont pas observé de problème d’insectes ou de carence. Les mauvaises herbes sont cependant très présentes, probablement en raison des problèmes d’application durant la sécheresse qui a limité les effets des arrosages.

Du point de vue de la qualité, les grains de maïs sont assez lourds, ce qui promet. Il est encore toutefois trop tôt pour s’avance dans le cas du soya. Les gousses ne contiennent toutefois pas un nombre important de fèves et se limite à deux ou trois par gousse.

Pour terminer, la maturation des cultures se déroule bien. Le soya suit le calendrier normal tandis que les récoltes pourraient être un peu plus précoces pour le maïs, sans doute grâce à la chaleur qui a été généreuse cette année.

Une présentation plus complète des résultats aura lieu le jeudi 10 septembre prochain sur le site du Salon de l’Agriculture à Saint-Hyacinthe. Patrick Lemelin de la Banque Nationale et Étienne Lafrance de PGQ seront également présents pour parler économie et marché des grains.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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