Un désherbage par électrocution

Un nouvel outil électrique vient s’ajouter dans le coffre des producteurs

DCIM100MEDIADJI_0032.JPG

Une poignée de producteurs québécois ainsi qu’au moins un contracteur à forfait ont acquis dans les dernières années un appareil appelé le Weed Zapper. Cet appareil permet en principe de détruire toute adventice dont la hauteur excède celle de la culture. Le principe de fonctionnement est simple. Un générateur produit un courant de plusieurs milliers de volts qu’il transmet à une barre métallique horizontale. Lorsque celle-ci touche à la plante, elle lui transmet un courant qui fait littéralement bouillir l’eau contenue dans ses cellules, ce qui les fait éclater.

Les Fermes Longsprés, une entreprise en production biologique située à Saint-Louis-de-Gonzague, en Montérégie-Ouest, a mis le Weed Zapper deux fois à l’essai au cours de l’été en collaboration avec le contracteur Dominique Leroux. Le premier essai a eu lieu le 4 juillet dans une parcelle de 20 hectares de soya sur billon. « On voulait vérifier si cela permettait de contrôler les vivaces comme le chardon des champs, indique Matthew Dewavrin, un des propriétaires. Le contrôle des vivaces, c’est le talon d’Achille de la culture bio en travail réduit. »

Le second essai s’est déroulé le 21 août dans un autre champ de soya. Ce champ-là a été choisi parce qu’à la différence du premier, il est aux prises avec un problème d’annuelles, comme le chénopode et l’amaranthe à racine rouge.

Matthew Dewavrin rapporte que les deux essais ont donné des résultats différents. « Le premier essai s’est avéré beaucoup plus efficace, notamment contre le phragmite, la moutarde et le laiteron, dit-il. On a vu les tiges noircir rapidement. Cela n’a pas entraîné à tout coup la mort de la plante, mais on a observé que les plants qui ont survécu sont devenus plus rampants, ce qui a donné une chance au soya. Ce qui est clair, c’est que c’est le champ en travail réduit le plus propre que nous ayons cette année. Le traitement a fait un bon ménage. Le Weed Zapper pourrait avoir un effet bénéfique sur le rendement. J’ai hâte de voir à la récolte. »

« J’ai hâte de voir aussi, ajoute-t-il, si le traitement a affecté les ressources de la plante au point où elle ne pourra pas passer l’hiver. On le saura au printemps prochain. »

Si le second essai s’est montré moins efficace, le producteur soupçonne que c’est à cause de la sécheresse. « C’était tellement sec que je pense que la conductivité n’était pas là, perçoit-il. C’est comme s’il fallait que la plante possède une certaine turgescence pour que l’outil soit pleinement efficace. »

Ces premiers résultats donnent au producteur envie de poursuivre les essais. « On utilise des sarcleurs avec caméra et GPS RTK qui procurent un assez bon contrôle des mauvaises herbes, explique-t-il. Le Weed Zapper pourrait devenir un outil de plus dans notre coffre pour traiter un champ qu’on aurait échappé. Et s’il permettait de contrôler les vivaces dans les champs en travail minimum, c’en vaudrait déjà la chandelle. »

À noter qu’un article plus approfondi sur le désherbage électrique paraîtra dans l’édition de décembre du Bulletin des agriculteurs.

à propos de l'auteur

Journaliste

André Piette

André Piette est un journaliste indépendant spécialisé en agriculture et en agroalimentaire.

Commentaires