Ligne de temps

Une récolte qui s’étire mais qui achève

L'arrivée subite du temps froid a compliqué les travaux d'automne

La récolte 2018 n’aura pas été de tout repos. Après un début prometteur, la pluie et ensuite la neige ont compliqué et retardé la progression de la récolte, au point où certains producteurs ont dû attendre décembre pour mettre le point final à la saison 2018.

« La neige est arrivée tôt cette année et comme le sol n’était pas gelé, les producteurs ont dû attendre avant de retourner dans les champs », confirme Yvan Faucher, conseiller en grandes cultures pour la Montérégie Est pour le MAPAQ. De plus, la pluie s’est mise de la partie après la période de grand froid, ce qui a retardé une fois de plus les progrès de la récolte.

Heureusement, le délai n’aura pas d’impact, ni sur la qualité de la production, ni sur le rendement, rassure l’expert. « Les gens ont été capable de battre une fois le sol gelé. La neige à ce moment-ci ne représente pas un problème et n’occasionne pas de perte. Elle n’affecte pas non plus le taux d’humidité. Celui-ci reste stable dans les champs ». La procédure reste ensuite la même, même si les grains ont été enneigés, ajoute M.Faucher : il faut passer les grains au séchoir jusqu’au taux d’humidité requis et ensuite les entreposer dans les silos.

M.Faucher admet que la récolte puisse être rendue plus complexe si la neige demeure sur les épis. Le mélange de son, poussière et neige peut boucher les conduits de la moissonneuse-batteuse. Certains producteurs ont usé d’ingéniosité pour remédier au problème, en plaçant par exemple un bâton devant la table de la batteuse afin de secouer légèrement les épis avant d’être coupés. Mais si les épis sont toujours debout, M.Faucher ne voit pas de problème à procéder à la récolte.

Et même si le temps avance, l’expert indique qu’il est toujours temps de faire les travaux de labour, puisque le sol n’a pas encore eu le temps de geler à une grande profondeur, pour ce qui est de la Montérégie. « C’est encore le temps de faire les travaux. C’est plus facile sur les terres plus légères mais sur l’argile, c’est plus corsé », indique M.Faucher. Selon le type d’argile, certains travaux peuvent se faire, comme par exemple sur de l’argile St-Urbain ou Ste-Rosalie. Il déconseille par contre de travailler dans les zones d’argile Providence qui pourrait mettre des années à se remettre d’une intervention à ce temps-ci de l’année. Dans ce cas, le semis-direct sera la meilleure solution au printemps prochain, mais le recours à cette avenue implique de revoir la rotation.

Et le soya?

Le maïs n’a pas été le seul à pâtir des conditions. Même des champs de soya se sont retrouvés sous la neige. Si le maïs peut patienter, il en va autrement du soya. « La partie du plant de soya qui se trouve sous la neige est affectée. La fève va gonfler, ce qui peut occasionner toutes sortes de problèmes, comme des champignons dans le grain », explique l’expert. Et c’est sans parler des gousses qui sont tombées au sol, ce qui rend la récolte impossible. Dans ces derniers cas, il faut mieux contacter l’assurance-récolte.

Malgré cette fin d’année en queue de poisson pour plusieurs producteurs, M.Faucher note que les rendements ont été bons pour 2018. Sans atteindre les records de 2017, la production dans le maïs a été très bonne, tout comme le soya qui a apprécié le temps sec de l’été dernier. « Malgré ce qu’on pourrait croire, le soya aime les températures chaudes. On a installé des pièges à sclérotinose et on n’a rien observé dans les périodes où il y aurait dû avoir éclosion des champignons. Les spores n’ont pas eu suffisamment d’humidité pour éclore et se répandre. » Ce qui est de bon augure pour le soya puisque 2019 s’enligne pour être l’année la plus chaude jamais enregistrée, en raison de El Nino et des GES.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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