BVD: gare aux immunotolérants!

Même si les producteurs bovins vaccinent contre le BVD depuis des décennies, l'infection est toujours présente dans les troupeaux

Depuis des années, les producteurs bovins vaccinent contre la diarrhée virale bovine (BVD) et pourtant, la maladie est toujours présente dans les élevages. Les animaux immunotolérants sont en cause. Dans un webinaire offert le 15 septembre en collaboration avec les Producteurs de bovins du Québec, l’équipe de Merck Santé animale a voulu démystifier la problématique et offrir des solutions aux producteurs.

Le BVD est une infection virale chez les bovins causée par un virus ayant une mutation rapide. Le BVD n’est pas toujours présent à l’œil nu. En plus, alors que certains animaux ont une infection transitoire qui dure 15 jours, d’autres sont immunotolérants (IT), c’est-à-dire qu’ils vont sécréter le virus toute leur vie. Ce sont ces animaux qu’il faut détecter parce qu’ils ne présentent souvent pas de signes évidents de la maladie, mais ils infectent les autres animaux dans le troupeau. « Le BVD, c’est caché. Souvent, à l’œil, ça ne paraît pas », dit le médecin vétérinaire Guy Boisclair de Merck Santé animale.

Pertes importantes

« Les immunotolérants représentent des sources de pertes monétaires », explique l’agronome Christian Bernier, représentant au sein de cette compagnie. Dans les parcs d’engraissement, l’entrée de veaux peut provenir de plusieurs élevages. Alors, les risques d’entrer un animal IT sont grands.

Une étude parue aux États-Unis a démontré que dans un parc d’engraissement ayant du BVD, il peut avoir des pertes de 93,52$ ou de 41,84$ par animal exposé, selon qu’on ait gardé les immunotolérants dans le groupe ou non.

Une autre étude a démontré que dans les troupeaux vache-veau, un épisode de BVD peut représente des pertes de 50 à 100$ par vache.

Pourquoi des immunotolérants ?

Les bovins deviennent immunotolérants à un moment précis de leur vie, c’est-à-dire quand ils sont au stade fœtus et que leur système immunitaire n’est pas encore développé. Le fœtus est alors entre 40 et 120 jours après la conception. Parce que son système immunitaire n’était pas développé, l’animal ne réussit pas à identifier le virus comme un ennemi. Alors, il continue à l’excréter toute sa vie, alors qu’un animal qui l’attrape après sa naissance va réussir à le combattre.

Il y a 3 bovins immunotolérants sur 1000, soit 0,3%. Entre 3 et 20% des troupeaux en ont.

L’impact économique est la raison numéro un pour contrôler l’infection, mais il y a un autre impact qui très important : le bien-être animal. C’est tellement important que certains pays d’Europe ont décidé de l’éradiquer. Ce n’est pas le cas au Canada et aux États-Unis, mais les répercussions sont importantes et l’infection doit être contrôlée.

Certains grands parcs d’engraissement font tester tous les veaux. Parce que la viande demeure comestible et que les veaux IT performent bien, ils sont mis dans un parc à part pour leur éviter de contaminer les autres.

Pour un éleveur vache-veau, il peut être intéressant de pouvoir certifier que ses sujets de reproduction sont exempts de BVD ou que les veaux envoyés en parcs d’engraissement ne sont pas IT.

Comment contrôler ?

Selon Guy Boisclair, il y a trois éléments à considérer si l’on veut réduire ou éliminer les risques liés au BVD : la biosécurité, le diagnostic et l’amélioration de l’immunité. La détection de l’infection permet de prendre des décisions, comme d’isoler ou de vendre pour la viande plus rapidement des animaux IT. Ensuite, un bon programme de vaccination avec un vaccin vivant atténué complète la stratégie.

« Il faut les diagnostiquer parce que ce n’est pas devinable à l’œil nu », conclut Jean-Philippe Grenon, représentant pour Merck Santé animale.

 

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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