Comment concilier production bovine et souci de l’environnement?

Il existe une grande variabilité entre les entreprises

La production bovine est souvent pointée du doigt comme source importante de production de gaz à effets de serre. Des chercheurs français se sont penchés sur le cycle de vie des bovins et les moyens de réduire l’impact écologique.

Dans un document récemment déposé sur Agrireseau, l’Institut de l’élevage présente un document qui fait le point sur comment « Concilier production et environnement en systèmes bovins allaitants ». C’est le titre du document.

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L’élevage bovin viande regroupe 75 000 exploitations en France. L’empreinte environnementale de 234 exploitations bovines a été étudiée, selon des données des Réseaux élevages de 2008. La grande variabilité des entreprises a permis d’envisager des pistes de réduction de l’empreinte environnementale. Par ailleurs, un lien fort entre les impacts environnementaux, les indicateurs de pratiques et les résultats économiques ont été mis en évidence.

Voici quelques constats :

– La fermentation entérique est le principal poste d’émission de méthane avec 55%. Cette proportion est suivie par la gestion des déjections (bâtiment, stockage, épandage) avec 22% et les émissions au pâturage avec 11%.

– L’élevage bovin allaitant (vache veau) a l’avantage de valoriser les prairies permanentes, souvent entourées de haies, qui peuvent stocker du carbone dans les sols de manière pérenne et stable. C’est ce qu’on appelle un puits de carbone. La compensation atteint entre 50 et 100% du méthane entérique émis, et entre 25 et 55% des émissions totales de gaz à effet de serre sur l’exploitation.

– Les émissions de gaz à effet de serre sont variable d’un système de production à l’autre. Les différents modèles produisent la même quantité de GES par unité de production. Toutefois, dans un même modèle de production, il y a une grande variabilité entre les élevages, ce qui laisse présager un potentiel d’amélioration.

– La valorisation des déjections animales permet d’éviter la production industrielle de 660 000 tonnes, d’azote minéral, 500 000 tonnes de phosphate et 1,6 million de tonnes de potasse. Cela correspond à une économie de 1,2 million de tonnes en équivalent pétrole et de 4,5 millions de tonnes d’équivalent C02, soit une économie de 40% des émissions liées à la fabrication des engrais.

– Les élevages contribuent à 9,2 millions d’hectares de biodiversité.

– 43% des exploitations de l’échantillon sont efficaces sur le plan environnemental.

Les leviers pour maîtriser et réduire l’empreinte environnementale des systèmes bovins allaitants concernent une conduite des troupeaux avec des performances de reproduction et de croissance maîtrisées et adaptées aux ressources fourragères disponibles.

Voici les leviers :

– Maîtrise la conduite de la reproduction de façon à atteindre les objectifs de nombre de veaux produits (productivité numérique).

– Réformer le plus tôt possible les animaux improductifs.

– Limiter la mortalité des veaux.

– Maintenir ou améliorer les qualités maternelles des vaches.

– Réduire l’âge au premier vêlage, mais le maîtriser.

– Produire suffisamment de fourrage sur l’exploitation pour atteindre l’autonomie.

– Maximiser le pâturage, au moins pour le troupeau de souche et les animaux en croissance.

– Optimiser les quantités de concentrés apportés; adaptés les apports aux objectifs de production et au potentiel des animaux.

– En cas d’achat d’aliments concentrés énergétiques, privilégier les coproduits issus de la transformation des vétégaux aux céréales.

– Privilégier les aliments d’origine européenne (l’étude a été menée en France!).

– Adapter les conduites alimentaires de façon à mobiliser les réserves corporelles pour les vaches reproductrices et à bénéficier de la croissance compensatrice sur les animaux d’élevage.

Du côté des surfaces en herbes et des cultures, les leviers sont :

– Valoriser de façon optimale les déjections animales.

– Optimiser les apports d’engrais minéraux.

– Favoriser les légumineuses ou les introduire dans le système fourrager.

– Implanter des haies autour des prairies permanentes.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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