Des verrats entiers à l’abattoir

Les différents intervenants de la filière porcine européenne veulent mettre fin à la castration des porcs pour le 1er janvier 2018. Sont-ils prêts? Et qu’en est-il au Canada?

Certains gestes sont devenus tellement routiniers dans les élevages qu’il ne vient même plus à l’esprit des éleveurs de les remettre en question. La castration en fait partie. Il faut dire que l’ablation des testicules peu de temps après la naissance des porcelets a ses avantages.

La raison principale de son emploi est l’élimination d’une odeur typique de verrat qui se dégage occasionnellement lors de la cuisson de la viande de porc entier, c’est-à-dire non castré. Il s’agit donc d’une demande de l’industrie. L’autre avantage de la castration est la grande docilité des porcs en fin d’élevage alors qu’ils atteignent la puberté. Il faut ajouter que les jours suivants la castration, les porcelets semblent en pleine forme.

Actuellement, les testicules des porcelets mâles sont retirés rapidement sans intervention pour atténuer la douleur. Cette pratique incite plusieurs intervenants à se questionner, en particulier les groupes de défense des animaux. En Europe, l’idée fait son chemin dans toute la filière porcine. L’automne dernier, un groupe de travail s’est réuni à trois reprises et a signé en décembre la Déclaration européenne sur les alternatives à la castration chirurgicale des porcs.

« L’idée n’est pas de légiférer, mais d’inciter la filière porcine européenne à abandonner d’elle-même la castration », explique la chercheuse Armelle Prunier de l’INRA, l’Institut national de recherche agronomique, en France. Armelle Prunier a pris part à ces discussions.

Initiatives européennes

Certains pays européens ont soit déjà légiféré, soit mis en place des initiatives de la part de leur filière porcine. C’est le cas des Pays-Bas où le gouvernement a soutenu une initiative menée conjointement par les différents membres de la filière porcine et les groupes de défense des animaux pour, dans un premier temps castrer sous anesthésie, puis éliminer complètement la castration en 2015. « C’est ce genre d’accord là que souhaite l’Union européenne », explique Armelle Prunier.

Mais les échéances de 2015 aux Pays-Bas et de 2018 pour tout le territoire européen, c’est pour bientôt. Très peu d’alternatives existent et toutes présentent des avantages et des inconvénients.

Pour en savoir davantage, lisez l’article intégral dans Le Bulletin des agriculteurs d’avril 2011, en page 23. Les sites suivants apportent aussi des informations complémentaires:

Europa – Déclaration européenne sur les alternatives à la castration des cochons

Pfizer – www.boartaint.com

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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