DuBreton: Une entreprise porcine unique au Québec

Entrevue avec le président des Viandes DuBreton

Il y a une vingtaine d’années, l’entreprise Les Viandes DuBreton a fait le choix de se diriger vers les marchés de niche. D’abord vers le sans antibiotique et le sans hormone pour satisfaire le marché japonais puis chez Whole Foods Market en 2000. Pour cela, ils ont dû répondre à la certification GAP (Global Animal Partnership). En 2003, l’entreprise est allée chercher une certification de bien-être animal : Certified Humane. En 2015, l’entreprise s’est engagée à transformer toutes ses fermes aux normes GAP, Certified Humane ou biologiques. La transformation s’est terminée en 2018. Depuis 2020, la quasi-totalité des porcs abattus à l’usine provient de la filière de niche. Le restant, environ 10%, provient de porcs des élevages de DuBreton qui ont été déclassés.

En entrevue, le président des Viandes DuBreton, Vincent Breton, parle de sa vision de l’entreprise.

Vous venez de recevoir deux prix remis par Whole Foods Market : fournisseur de l’année et engagement bio. Quel est le rôle de cette entreprise dans le succès de DuBreton?

Whole Foods, maintenant propriété d’Amazon, c’est le leader incontesté de la production responsable. Il y a seulement cinq ou six fournisseurs nord-américains qui sont approuvés à vendre chez eux parce que c’est le détaillant le plus rigoureux. Toutes les fermes, toutes les installations, même nos usines, sont visitées par un certificateur externe tous les 15 mois. Vu qu’il n’y avait pas de certificateur, ils ont financé la création d’une certification qui est Global Animal Partnership. Et je crois que c’est unique au monde. C’est ce qui fait que lorsque vous allez chez Whole Foods, c’est du wow! La qualité des produits qu’ils offrent est incomparable!

Vous détenez plusieurs certifications…

Bio, Global Animal Partnership, Certified Humane et sans antibiotique. De plus en plus, chaque ferme a les quatre certifications. C’est unique comme système, mais ça nous permet de gérer plusieurs catégories de produits. C’est une particularité à nous. L’ensemble de nos fermes est de plus en plus transférable d’un programme à l’autre. De plus en plus, c’est vers là qu’on s’en va.

Quelle est votre vision du bien-être animal? C’est dans l’air du temps actuellement.

Ici au Québec, c’est récent, mais ça fait longtemps que c’est dans l’air du temps. Si on regarde les gens avec qui on travaille, ça se concrétise avec les certificateurs. Ce n’est pas dans les normes de l’industrie. Les normes de l’industrie, on ne s’en occupe pas vraiment. Nous, on travaille avec des normes biologiques, Certified Humane et Global Animal Partnership. Notre vision du bien-être animal, c’est qu’on est à l’écoute du client. Et les normes qu’on a, c’est bien sûr les plus sévères au monde.

DuBreton a délaissé l’ASRA et s’est retirée complètement du porc de commodité. Comment ces décisions s’inscrivent-elles dans le développement de l’entreprise?

Aujourd’hui, on rémunère tout selon le coût de production. Au Québec, la convention de mise en marché, les programmes de supports ne sont pas adaptés à la production de niche. Je vous donne un exemple : actuellement les cotisations du porc biologique sont utilisées pour faire du porc de commodité. Il n’y a pas d’intérêt de la part de la structure actuellement, de la part du ministère de l’Agriculture non plus ou de la part de l’UPA. Et la récente décision de la Régie en est témoin.

Pour l’article en couverture de son magazine d’avril 2020, Le Bulletin des agriculteurs a rencontré des producteurs travaillant dans la filière de DuBreton.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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