Huit causes d’échec de la gestation

Plusieurs facteurs contribuent à réduire le taux de gestation des vaches laitières. Huit causes d’échec de la gestation sont identifiées dans les lignes qui suivent.

1. La mortalité embryonnaire précoce est importante avant le diagnostic de gestation. Les causes de cette mortalité sont multiples. Les endométrites, l’injection par erreur de prostaglandine à des vaches gestantes, l’incompatibilité entre l’ovule et le spermatozoïde, une déficience nutritionnelle (vitamine E/sélénium et cuivre), un excès important de protéine dégradable, les mycotoxines et un stress à la chaleur augmenteront la mort de l’embryon.

2. Une condition de chair de 2 ou moins après le vêlage retarde le retour du cycle des vaches et occasionne une infertilité sévère. Les actions entreprises par l’éleveur pour améliorer l’alimentation, les soins et le logement des vaches en début de lactation aideront à minimiser la perte de poids avant la conception et augmenteront le taux de gestation.

3. Une ration de transition inadéquate accroît les risques de maladies métaboliques (hypocalcémie, rétention placentaire, endométrite, suppression de la réponse immunitaire), retarde la cyclicité des vaches et réduit leur taux de conception. Une ration de transition contenant trop d’énergie avant le vêlage diminue l’appétit, accroît la perte de poids après le vêlage et les déplacements de caillette, puis retarde le retour des chaleurs. L’implantation d’une ration de transition adéquate est le facteur alimentaire ayant le plus d’impact sur l’amélioration de la fertilité des vaches.

4. Un comptage élevé des cellules somatiques avant la conception retarde la gestation et requiert plus de saillies pour l’obtention d’une fécondation. Une vache ayant un haut taux de cellules somatiques dans les 90 premiers jours de gestation aura 1,22 fois plus de chance d’avorter qu’une vache dont les cellules somatiques se situent à un niveau normal. Un programme de prévention de la mammite joue un rôle important dans l’amélioration du taux de gestation.

5. Un faible taux de détection des chaleurs est observé dans plusieurs troupeaux. Un programme de synchronisation de l’ovulation et l’insémination à temps fixe aident à améliorer le taux de gestation pour les éleveurs ayant ce problème.

6. Les endométrites produisent un environnement hostile à la nidation de l’embryon dans l’utérus et affectent tous les aspects de la fertilité des vaches. Mettre en place un programme de prévention de cette infection avec son vétérinaire améliore considérablement le retour rapide à la cyclicité et le taux de gestation des vaches.

7. L’acidose subclinique du rumen a un impact négatif sur le taux de gestation des vaches qui n’est pas complètement élucidé. La laminite et les abcès occasionnés par ce problème métabolique diminuent la consommation des laitières et l’expression de leurs chaleurs. Une étude britannique récente indique qu’une ration à haute teneur en amidon affecterait le développement de l’embryon 7 à 10 jours après la conception.

8. La persistance du virus du BVD dans le troupeau réduit la fertilité des vaches. L’implantation d’un programme d’éradication de cette infection ainsi que des mesures de biosécurité sévères pour éviter l’introduction d’animaux porteurs dans le troupeau améliorent la fertilité des vaches.

Chacun de ces facteurs, individuel ou combiné, affecte énormément la reproduction des vaches. Une stratégie établie avec l’aide de ses différents conseillers pour minimiser l’impact de ces causes d’échec améliorera le taux de gestation des vaches.

Article d’Alain Fournier

Source : Feedstuffs

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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