Le prix du porc prend du mieux

Depuis l'été dernier, le prix du porc peinait à remonter

Le début mars a apporté une bonne nouvelle pour les producteurs de porcs nord-américains. Le prix recommence à monter.

« En fait, il y a deux prix dans le porc : le prix cash commence à monté et la prévision du prix à la bourse est à la hausse depuis une semaine », expliquait Gabriel Joubert-Séguin, stratège de marché chez RJO’Brien, après la fermeture des marchés le jeudi 14 mars 2019.

Cash

Le prix cash du porc est bas depuis l’été dernier. Il y a eu des petites hausses pour redescendre par la suite. Le bas prix des découpes à la sortie de l’abattoir, sous les 60¢ la livre, créait une pression à la baisse pour le prix payé aux producteurs. « Depuis 2009, il n’y avait pas eu de prix aussi bas pour les découpes », dit le stratège.

Cette situation était causée par une offre trop grande, plus élevée que prévue par le département américain de l’Agriculture (USDA).

Le faible prix à la consommation aux États-Unis crée une demande. Même si les Américains mangent plus de porc, la hausse du prix payé aux producteurs demeurera jusqu’à la saison du barbecue qui débute à la fin avril puisqu’il faut six semaines avant que l’effet se fasse sentir dans l’assiette. Donc, la hausse actuelle du prix cash semble la bonne.

L’autre fait qui influence le prix, c’est la Chine qui a acheté 30 000 tonnes de porc durant la première semaine de mars. Le pays manque de porc en raison de la peste porcine africaine qui sévit là-bas. Résultante : le prix cash a augmenté de 20% en Chine en une semaine.

À terme

« Les marchés sont en hausse de 20$ le 100 kg depuis seulement une semaine », se réjouit Gabriel Joubert-Séguin. Il est toutefois prudent car il semble que les marchés à terme aient déjà anticipé un important achat à venir de porc américain par la Chine. Si cette anticipation ne se concrétise pas, il pourrait y avoir une correction à la baisse.

Cela pourrait survenir si aucun accord pour régler le conflit entre la Chine et les États-Unis n’est conclu. En raison des taxes sur le porc américain, la Chine serait alors encouragée d’acheter du porc européen plutôt qu’américain. « Donc, il faut rester prudent, dit Gabriel Joubert-Séguin. C’est déjà arrivé en 2016. Il y avait eu une anticipation qui ne s’est pas réalisée. »

À retenir

Donc, la hausse saisonnière du prix du porc est débutée. Les prix à la bourse pour les prochains mois sont peut-être surestimés. Gabriel Joubert-Séguin est surtout sceptique pour l’hiver prochain puisque les prix anticipés sont élevée. « Je trouve que ça va être facile de décevoir les marchés », dit-il.

C’est pourquoi, il recommande aux productions, selon leurs capacités, de vendre une partie de leurs porcs pour le 4trimestre de 2019 et le premier trimestre de 2020, car il y a encore beaucoup d’incertitude. Le risque d’une correction à la baisse est là.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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