Les activistes antispécistes se servent de la COVID-19 pour mousser leur cause

Selon eux, la COVID-19 prouve qu’il faut arrêter l’élevage

La grande pandémie de COVID-19 que nous vivons n’arrête pas les ambitions des activistes antispécistes. En entrevue, la psychologue Pierrette Desrosiers explique qu’ils se servent dorénavant de cet événement pour promouvoir leur ambition : la fin de l’élevage.

«Pour eux, ça va être un argument pour encore plus arrêter l’élevage», raconte la psychologue bien connue du secteur agricole. Pierrette Desrosiers visite les différentes pages sur les réseaux sociaux des groupes d’activistes ou d’influenceurs d’ici, mais aussi à l’international.

Elle a pu remarquer que les activistes sont loin d’être en pause. Ils ne font pas de manifestations, mais ils tiennent des rencontres virtuelles et des webinaires. Ils se structurent pour la prochaine offensive. Car, oui, Pierrette Desrosiers appréhende la prochaine vague.

Pierrette Desrosiers spécifie qu’elle n’a rien contre les personnes qui décident d’être végan pour elles-mêmes. C’est plutôt l’activisme au point d’en venir à l’intimidation qui l’interpelle autant.

«Les activistes animalistes disent que c’est à cause des élevages qu’on a des épidémies. Ils s’en servent pour en finir avec l’élevage. Tout cela va être un argumentaire. Ça va leur servir de munitions. Tant qu’à ça, on pourrait dire que c’est à cause des avions. S’il n’y avait pas eu d’avion, le virus serait resté en Chine!»

Pierrette Desrosiers croit que des personnes ambivalentes seront sensibles à ce nouveau discours. Mais en même temps, la COVID-19 sensibilise positivement une autre partie de la population au statut de travailleur essentiel des agriculteurs. «On peut s’imaginer que ça va polariser encore plus la population», dit-elle.

Ceci est d’autant plus inquiétant que ces organisations ont beaucoup d’argent puisqu’elles sont supportées par des fondations elles-mêmes financées par de grands donateurs. Le journaliste français Gilles Luneau a fait une vaste enquête sur le sujet. Il vient de faire paraître en mars un livre intitulé Steak barbare : hold-up végan sur l’assiette.

Questionnée à savoir comment le secteur agricole devrait réagir à cette future offensive, Pierrette Desrosiers explique que ça va passer par une stratégie de très grande communication. «Il y avait déjà beaucoup de mythes, ça va en être un de plus », dit-elle.

L’objectif des activistes est de toucher le monde des émotions. «Selon moi, on s’apprête à frapper très fort, dit-elle. Il va falloir bien se préparer pour savoir répondre.» Au niveau des individus et des entreprises, elle explique l’importance d’être solide. «Leurs actions créent un sentiment de rejet social, dit la psychologue. C’est pour ça que ça nous affecte. On n’est pas programmé pour ça.» En semant la terreur, ils réussissent à déstabiliser et les producteurs n’ont plus le goût de montrer ce dont ils sont fiers.

Il faut donc communiquer, déboulonner les mythes, défaire leurs arguments. «On aura besoin d’experts pour expliquer», dit-elle.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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