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Nous sommes plus proches que jamais d’un vaccin contre la peste porcine africaine

Un vaccin contre la peste porcine africaine (PPA) pourrait être lancé d'ici 5 à 10 ans

Le directeur du Centre de recherche en santé animale CReSA, Fernando Rodriguez, estime qu’un vaccin contre la peste porcine africaine (PPA) est sur la bonne voie. La PPA est source d’une épidémie chez les élevages de porcs en Chine et qui a affecté des sangliers en Belgique.

Un virus oublié

Malgré qu’il ait été découvert il y a plus de 60 ans, le virus de la peste porcine africaine est resté endémique en Afrique. Dans un article publié sur le site internet 3Trois3.com, Fernando Rodriguez explique qu’il s’agit d’une maladie largement oubliée. Il n’y a jamais eu plus d’une douzaine de groupes de recherche qui s’y sont intéressés. Au début des années 2000, la maladie n’était plus considérée comme une menace et par conséquent, les meilleurs laboratoires s’y consacrant ont été fermés. Heureusement, des équipes de recherche ont persévéré, comme celle de Fernando Rodriguez. Il remercie d’ailleurs le gouvernement espagnol d’avoir injecté de l’argent dans la recherche depuis 2004. Aujourd’hui, des entreprises comme Boehringer-Ingleheim s’intéresse à leurs recherches.

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Recherches encourageantes

Malgré le peu de recherches, « la recherche sur les vaccins contre la PPA a beaucoup progressé et nous sommes plus proche que jamais d’annoncer de bonnes nouvelles », dit Fernando Rodriguez.

Voici l’état actuel d’avancement des recherches :

– Les vaccins inactivés classiques ne fonctionnent pas contre le virus de la PPA.

– Les vaccins atténués offrent des niveaux de protection fantastiques contre le vrius parental. Il s’agit de la stratégie la plus proche du marché et dans laquelle tous les groupes de recherche ont placé leurs espoirs. Un vaccin pourrait être lancé d’ici cinq à 10 ans. Le principal défi est l’amélioration de la sécurité des prototypes des laboratoires de recherche, dont ceux du USDA à Plum Islande et ceux obtenus en coopération entre le Centre de biologie moléculaire Severo Ochoa et le CReSA-IRTA.

– En raison de la complexité du virus, des experts de la Commission européenne recommande de continuer les recherches sur les vaccins atténués ou sous-unités. Ces recherches pourraient permettre d’identifier à la fois les antigènes protecteurs du virus et les mécanismes immunologiques responsables de la protection.

Les résultats expérimentaux sont encourageants. Il est toutefois difficile d’extrapoler les résultats de laboratoire sur le terrain. En laboratoire, sur le challenge expérimental avec la Géorgie, 100% des porcs vaccinés ont survécu, alors que les porcs témoins meurent en moins de 10 jours.

En raison de la sécurité, Fernando Rodriguez pense que l’utilisation de vaccins à base de sous-unités sera beaucoup plus facile et moins contraignante.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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