Ligne de temps

Objectif réduction des antibiotiques

PHOTO: COURTOISIE FACULTÉ DE MÉDECINE VÉTÉRINAIRE DE L'UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL

Michel Carrier, doyen de la Faculté, Martine Boulianne, Pierre Breton et Pierre-Luc Leblanc. PHOTO: COURTOISIE FACULTÉ DE MÉDECINE VÉTÉRINAIRE DE L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL

Par son programme Agri innovation de Cultivons l’avenir 2, Agriculture et Agroalimentaire Canada accorde 690 000$ aux Éleveurs de volaille du Québec pour la réalisation d’une vaste étude menée par la Chaire de recherche avicole de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal visant la réduction de l’utilisation des antibiotiques.

L’annonce a été faite par le député de Shefford et membre du Comité permanent de l’Agriculture et l’Agrolaimentaire à la Chambre des Communes, Pierre Breton, en présence du président des Éleveurs de volaille du Québec, Pierre-Luc Leblanc, de la titulaire de la Chaire de recherche, Martine Boulianne, des partenaires et des collaborateurs participant de près ou de loin à l’étude. « Le but est de produire un poulet en santé et de qualité pour le consommateur », explique la professeure Martine Boulianne.

Nouveau projet

L’étude de l’équipe de la chercheure Martine Boulianne est la suite d’un autre projet mené il y a quelques années sur la faisabilité de l’élevage de poulets sans antibiotique.

Le projet de la candidate au doctorat Marie-Lou Gaucher, dont les résultats avaient été diffusés en 2013, avait démontré que pour certaines fermes, il était très difficile d’élever des poulets sans antibiotique alors que d’autres y parvenaient.

Un article paru dans Le Bulletin des agriculteurs de janvier 2012 présentait le projet: Poulet sans antibiotique à l’essai. Cet autre article (en cliquant ici) de LeBulletin.com de novembre 2013 présentait les résultats.

La nouvelle étude ne vise plus l’élevage de poulets sans antibiotique, mais plutôt la réduction ou l’élimination des antibiotiques utilisés en médecine humaine, tout en continuant à faire l’usage d’antibiotiques non utilisés en médecine humaine.

Santé Canada classe les antibiotiques selon leur ordre d’importance : I. Très haute importance; II. Haute importance; III. Moyenne importance et IV. Faible importance.

« L’utilisation des antibiotiques de catégorie I, soit le ceftiofur et les fluoroquinolones, a déjà cessé, explique Martine Boulianne. Nous voulons maintenant réduire l’utilisation des antibiotiques de catégories II et III. Nous voulons privilégier la catégorie IV et les alternatives aux antibiotiques. C’est ce qu’on appelle une gestion responsable des antibiotiques. »

En privilégiant les antibiotiques de catégorie IV, les chercheurs conservent l’utilisation des ionophores qui permettent de contrôler les coccidies. Par conséquent, l’entérite nécrotique, la maladie la plus problématique en production de poulets sans antibiotique s’avère plus facile à contrôler puisque la coccidiose occasionne souvent la présence de l’autre maladie.

Cette nouvelle approche s’avère plus facilement acceptable par l’ensemble des éleveurs de poulets plutôt que la production de poulets sans antibiotique. Rappelons qu’en Europe, les poulets produits sans antibiotique peuvent recevoir des ionophores. Au Canada, les ionophores sont considérés comme des antibiotiques.

L’étude est divisée en cinq volets :

  1. Stratégies alimentaires

Ce volet est mené par le candidat au doctorat et vétérinaire Éric Parent.

  1. Évolution de l’antibiorésistance lors du retrait des antibiotiques

Ce volet analysera plus en profondeur certaines données obtenues lors du projet précédent.

  1. Meilleure compréhension et développement d’outils pour contrôler l’entérite nécrotique
  2. Évaluation de l’effet du retrait du ceftiofur (Excenel) depuis 2014

Ce volet sera réalisé en collaboration avec le professeur John Fairbrother de la Faculté. Le Dr. Fairbrother est un bactériologie travaillant sur Escherichia coli.

  1. Diffusion des résultats

Au total, l’étude durera quatre ans et inclut la participation de trois professeurs de la Faculté. En plus de Martine Boulianne et John Fairbrother, Marie Archambault collabore au projet comme codirectrice d’Éric Parent et comme bactériologiste travaillant sur l’antibiorésistance et Clostridium perfringens, la bactérie causant l’entérite nécrotique. La stagiaire post-doctorale Audrey Charlebois spécialisée sur Clostridium perfringens travaillera sur la stratégie à adopter face l’entérite nécrotique.

De plus, le professeur australien Rob Moore codirige le projet de doctorat d’Éric Parent. «Notre but est d’avoir le même niveau de santé et les mêmes performances, tout en gardant une alternative pour traiter les oiseaux », explique l’étudiant.

L’étude inclut la participation des membres fondateurs de la Chaire de recherche avicole suivants : les Éleveurs de volaille, l’Association des abattoirs avicoles du Québec, les Couvoiriers du Québec et les Producteurs d’œufs d’incubation du Québec. De plus, Jefo, la Coop fédérée et Probiotech se sont joints au projet.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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