Quoi faire et ne pas faire pour avoir des clôtures électriques efficaces?

Conseils d’un expert

Avez-vous remarqué que vos clôtures électriques, qui devraient empêcher vos animaux de sortir des pâturages et les prédateurs d’y entrer, ne remplissent pas toujours leur rôle? Ce n’est pas que vous êtes ignorants. C’est tout simplement que concevoir de bonnes clôtures électriques est tout un art.

C’est cet art que Jason Williams, directeur régional canadien de Datamars, une société proposant des solutions de gestion du bétail, s’efforce de transmettre dans ses formations. Voici quelques-un de ses conseils.

À faire : Investir dans du matériel de qualité

Une des choses les plus importantes à surveiller est les demandes irréalistes concernant la distance pour les électrificateurs de clôtures. «Les gens vont regarder la promesse de distance et penser qu’avec un seul morceau de fil barbelé, ils peuvent tenir leur clôture à 220 km de Saskatoon à Regina (de Québec à Montréal)», explique Jason Williams.

Si une réclamation relative à la distance semble trop belle pour être vraie par rapport au prix, elle l’est probablement.

L’expert met aussi en garde contre le prix très alléchant. Il rappelle qu’il faut le même temps pour installer une clôture qui durera 20 ans qu’une clôture qui durera quatre ans. Peut-être qu’en payant deux fois plus cher, la clôture durera cinq fois plus longtemps.

Et tant qu’à construire pour 20 ou 25 ans, il faut utiliser un fil de haute résistance de calibre 12. Ce fil transporte plus facilement l’énergie.

À éviter : lésiner sur le fil

Certains producteurs font la remarque qu’ils n’obtientne pas de tension supplémentaire sur leur clôture alors qu’ils achètent un électrificateur deux ou trois fois plus puissant que leur ancien.

Jason Williams compare cela à une pompe à eau et un tuyau d’arrosage. Si vous installez une pompe à eau deux fois plus puissante, mais que vous gardez votre petit tuyau d’arrosage, vous n’obtiendrez pas plus d’eau.

C’est la même chose pour les électrificateurs et le fil. «Plus de brins sur la clôture créent un flux d’électricité plus facile. Sans débit suffisant, même le plus gros électrificateur ne peut tout simplement pas libérer sa puissance potentielle. Vous devez soit utiliser plus de brins de fil, soit utiliser du fil avec de meilleurs composants, tels que l’aluminium et le cuivre, qui permettent à plus de puissance de circuler », a déclaré Williams.

À éviter : improviser

Jason Williams considère que souvent les producteurs utilisent des barres d’armature comme mise à la terre au lieu de tiges de masse galvanisées plus optimales.

«Les barres d’armature ne peuvent pas être utilisées comme barres d’appui, car le bord extérieur du produit de barres d’armature est en rouille, qui est en fait un isolant», dit-il.

Une autre erreur courante consiste à utiliser des tuyaux en caoutchouc ou des tubes intérieurs supposés en caoutchouc comme isolants aux coins ou aux extrémités d’une clôture. «Le caoutchouc pur est un isolant, mais au Canada, aucun produit n’est en caoutchouc pur. Un tuyau d’arrosage est probablement plus proche du carbone pur que du caoutchouc pur et le carbone est très, très conducteur. Ils nous éloignent du but. »

Williams voit souvent les producteurs placer des mises à la terre dans leurs bâtiments. Bien que cela puisse sembler une bonne idée en théorie, les piquets de terre devraient en réalité être installés à au moins 20 mètres d’un entrepôt ou d’un bâtiment d’élevage. «Ils peuvent placer l’électrificateur n’importe où, mais ne peuvent pas utiliser une mise à la terre d’un bâtiment d’élevage ou d’un entrepôt. Sinon, vous permettez une fuite de tension dans le bâtiment d’élevage ou l’entrepôt au lieu de la laisser sur la clôture. »

À faire : concevoir pour le pire scénario

Lorsque le sol est humide, il conduit facilement l’électricité. Généralement, plus l’humidité du sol est bonne, plus votre clôture électrique sera conductrice. Or, il arrive qu’en été et dans certains champs, ce ne soit pas le cas. L’erreur serait de construire la clôture en fonction de votre période et de votre champ le plus humide. «Construisez la plupart des clôtures comme si votre sol était pauvre», recommande Jason Williams.

Alors, comment savoir si vous avez assez de tiges de terre? Jason Williams suggère le test suivant: Les deux premières étapes consistent à éteindre l’électrificateur puis à court-circuiter fortement la clôture – à au moins 330 pieds (100 mètres). Puis rallumez l’électrificateur et, à l’étape quatre, vérifiez la tension de clôture avec un voltmètre numérique (la tension de clôture doit être inférieure ou égale à deux kilovolts) au-delà du court-circuit. Enfin, à l’étape cinq, vérifiez le système de mise à la terre (sonde enfoncée dans la masse, clipsez la dernière tige de terre).

À faire : entraînez vos animaux tôt

Le bétail a besoin d’apprendre à craindre la clôture sinon elle ne dissuadera pas, explique Jason Williams. Le printemps est le moment idéal pour entraîner les animaux avec un choc court et violent. «Le sol est généralement humide au printemps et l’humidité a tendance à renforcir la quantité de chocs pouvant être transférée, dit-il. Le choc douloureux qu’ils ressentent à cette période de l’année peut aider les producteurs pour le reste de la saison. En général, il suffit d’un ou deux coups de pinceau contre la clôture pour leur faire comprendre : “Cette zone de pâturage me fait mal – Je ne vais pas me tenir à cet endroit.” »

Idéalement, les animaux devraient toucher au moins deux fils lorsqu’ils prennent un choc. Cela l’amène à ressentir le choc devant les oreilles. S’il le ressent derrière les oreilles, il est probable qu’il avance et ne recule pas.

Cela signifie que les fils doivent être espacés des dimensions faciales de l’animal que vous essayez de garder à l’intérieur ou à l’extérieur. «L’espacement de ces fils ne peut pas être plus grand que la distance entre leur nez et leurs yeux, explique Jason Williams. Pour le bétail, cela signifie 10 à 12 pouces (25 à 30 cm) , 14 pouces (33 cm) pour les chevaux et jusqu’à quatre pouces (10 cm) pour les prédateurs.»

Adapté d’un article de Jeff Melchior de AlbertaFarmer.com

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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