Réduire l’inflammation en production de poulet sans antibiotiques

Il existe de nombreuses options, et elles peuvent devoir être utilisées ensemble

Alors que les producteurs de volaille se tournent de plus en plus vers la production sans antibiotique, ils dépendent de plus en plus sur le système immunitaire des oiseaux pour combattre les agents pathogènes.

Lors d’un séminaire virtuel organisé par la Conférence sur la nutrition animale du Canada, le Dr. Doug Krover de l’Université de l’Alberta a présenté différentes alternatives à l’utilisation d’antibiotiques pour combattre les agents pathogènes. «Très souvent, c’est là que nous constatons des réductions de performance et une perte d’efficacité», explique-t-il.

Souvent, en situation commerciale, ces produits se révèlent efficaces lorsqu’ils sont utilisés en combinaison avec d’autres.

Probiotiques et prébiotiques

Les probiotiques sont des bactéries bénéfiques qui lorsqu’elles sont en grand nombre dans les intestins font en sorte que les agents pathogènes n’ont pas de place.

«Il existe d’autres mécanismes qui sont probablement impliqués avec divers probiotiques, dit le chercheur. C’est un domaine très diversifié.»

Outre les probiotiques, qui sont des bactéries vivantes, il existe des prébiotiques qui nourrissent les bonnes bactéries. Cela permet de réduire l’avantage concurrentiel des agents pathogènes.

Oligosaccharides

Les oligosaccharides sont des sucres sur lesquelles les agents pathogènes peuvent se lier. Ces agents pathogènes croient alors s’être lié aux cellules du type digestif qui a des des résidus de glucides en surface. Mais puisqu’ils se sont plutôt liés aux oligosaccharides, ils seront évacués du type digestif.

Levures

Une récente étude terminée mais non publiée a démontré que la présence de levures dans le caecum des oiseaux réduisait la croissance et le nombre de salmonelles.

Extraits végétaux

Certains extraits de plantes contiennent des composés qui peuvent avoir un effet biologique.

Enzymes

Les enzymes, en particulier les polysaccharides non amylacés, ont un effet indirect sur les microbes car ils réduisent la viscosité digestive créant un environnement moins hospitalier.

«Ils réduisent le substrat disponible, les nutriments indigestes et non absorbés, pour la croissance des agents pathogènes», dit Doug Krover.

De plus, ils sont connus pour générer des xylo-oligosaccharides, qui peuvent agir comme prébiotiques, et occupent un site de liaison sur les organismes pathogènes.

Acides organiques

Les acides organiques, les acides faibles inclus dans les aliments et l’eau, se dissocient à l’intérieur de la cellule des cellules bactériennes au fur et à mesure de leur absorption.

«L’organisme dépense alors beaucoup d’énergie en essayant de maintenir le pH dans la cellule et cela réduit leur efficacité de prolifération», explique Doug Krover.

Huiles essentielles

Les huiles essentielles sont une autre option viable pour remplacer les antibiotiques. Ils affectent la perméabilité des cellules membranaires.

«(Cela rend) plus difficile pour ces cellules de rester viables», dit le chercheur.

Les antibiotiques utilisés dans la production commerciale couvrent un large éventail d’organismes problématiques et il est important que les stratégies de remplacement soient à large spectre. Les producteurs ont besoin de produits avec de multiples mécanismes et utilisent des produits avec une base plus large comprenant différentes combinaisons à la fois.

«Les antibiotiques masquent le défi potentiel pour les oiseaux. Si nous retirons ce masque, il pourrait exposer des trous qui peuvent augmenter le risque d’infection bactérienne. Les produits individuels peuvent être très bons pour une chose mais pas pour les autres», explique Krover.

Source : traduit et adapté de l’article Reducing poultry inflammation without antibiotics de la journaliste Jennifer Glenney publié sur Farmtario.com

 

 

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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