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Sélection des bovins laitiers : 10 ans de génomique

Depuis 10 ans, la sélection génomique des bovins laitiers apporte des bénéfices importants pour les producteurs laitiers.

C’est à l’été 2008 qu’a été publiée la première étude démontrant des gains importants de précision des évaluations génétiques des bovins laitiers grâce à la génomique. Cette étude, publiée aux États-Unis, a confirmé le lien important entre les épreuves de la progéniture des taureaux et les marqueurs génétiques. Ce lien pouvait être utilisé pour préciser le potentiel génétique de tous les bovins laitiers, dont les nouveau-nés.

Dès 2008, les centres d’insémination artificielle ont commencé à utiliser des valeurs génomiques pour la sélection des jeunes taureaux admis en insémination artificielle. L’année suivante, le Réseau laitier canadien (CDN) a publié les premières évaluations génomiques en race Holstein au Canada, tant pour les taureaux que pour les femelles. La publication s’est étendue aux autres races par la suite.

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Utilisation rapide de la génomique

Les gains en fiabilité des évaluations génomiques chez les jeunes sujets ont changé le modèle traditionnel de sélection des bovins laitiers qui était en place depuis plusieurs décennies.

  • Tous les jeunes taureaux étaient dorénavant admis en insémination artificielle sur la base de leurs valeurs génomiques, ce qui a réduit le nombre de taureaux soumis aux programmes de testage de la progéniture; lesquels ont été pratiquement abolis depuis.
  • La sélection des mères des taureaux en insémination artificielle, qui se confirmait surtout pendant la première lactation, a migré vers la sélection des jeunes génisses à hautes valeurs génomiques. L’utilisation de la fécondation in vitro s’est fortement intensifiée pour bénéficier du potentiel des génisses à un très jeune âge.
  • Les producteurs ont augmenté leur utilisation des jeunes taureaux d’élite selon leurs valeurs génomiques par rapport aux taureaux éprouvés.
  • Le testage génomique pour la sélection des génisses à la ferme est devenu un outil reconnu.

Selon une étude publiée par le CDN en 2017, ces changements ont contribué à doubler le taux du progrès génétique des bovins laitiers par rapport à la période prégénomique.

Nombreuses découvertes

Outre les valeurs génomiques, l’analyse du génome bovin a permis plusieurs découvertes et a ouvert la voie à de nouvelles opportunités de sélection qui pourront avoir un impact croissant sur l’efficacité des troupeaux laitiers.

La découverte, notamment, de gènes et d’haplotypes (petits blocs du génome transmis à la progéniture) indésirables qui ont un effet négatif sur la rentabilité des troupeaux. Leur identification permet de réduire leur impact économique.

Il y a aussi la découverte de gènes désirables et le développement de nouveaux critères de sélection favorisant des troupeaux plus rentables. Pour y parvenir, les chercheurs sont à réaliser des analyses qui identifient la location de marqueurs sur tout le génome bovin en lien avec des caractères à l’étude. Par exemple, au Canada, des chercheurs se concentrent sur la résistance immunitaire, l’efficacité alimentaire, la résistance à la dermatite digitale et la production d’embryons des donneuses.

Enfin, les dix premières années de la sélection génomique des bovins laitiers ont apporté de gros changements et des bénéfices importants pour les producteurs laitiers. Bien malin celui qui pourra prédire l’évolution au cours des dix prochaines années!

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