Dix vérités sur les travailleurs étrangers (suite et fin)

7. S’accomplir ou pas
Certains travailleurs ont le goût d’apprendre et apprécient qu’on leur confie des responsabilités, soutient le travailleur Carlos Mendoza López. D’autres ne viennent que pour l’argent et se contentent de travail répétitif. « Ils te regardent et ne te voient pas, regrette Paul Cossette. Ils prennent la plante et la mettent le pot. Ils ne changeront pas. »

Pour qu’un travailleur soit productif et qu’il veuille s’épanouir, ses besoins de base (sécurité, alimentation, sommeil), doivent être comblés, affirme Martine Deschamps. Certains peuvent nous réserver des surprises. C’est arrivé à Paul Cossette, avec un travailleur au lourd passé alcoolique, qui a lentement pris goût aux responsabilités à la ferme. Il possède maintenant un dépanneur au Mexique!

8. Les hommes ne savent pas cuisiner
Dans les pays latino-américains, le partage des tâches domestiques n’a pas évolué comme au Québec! La plupart des travailleurs étrangers mangent mal, ne sachant pas cuisiner, ou ayant une réticence aux tâches ménagères. Certains ne mangent pratiquement que des œufs à la poêle, ce qui finit par les rendre malades, révèle Carlos Mendoza López.

Il y aurait lieu de publier un livre de recettes spécifiquement pour les travailleurs agricoles étrangers, suggère Martine Deschamps. On aurait intérêt à leur présenter, de façon simple, ce qui est disponible en épicerie ici et comment l’apprêter, ajoute Paul Cossette. Et pourquoi pas envoyer un membre de la famille leur enseigner quelques recettes simples et nutritives?

9. Soyons bilingues
« N’apprenez pas l’espagnol : vos travailleurs vous en demanderont toujours plus. » Heureusement, cette croyance perd du terrain. Le mieux on communique avec les travailleurs, le mieux ils travaillent.

Dans le Guide pour les travailleurs agricoles hispaniques, le chapitre qui fait le plus sensation est le lexique espagnol-français, assorti d’une troisième colonne pour la prononciation. « Au début, j’apprenais le français avec le dictionnaire, sans savoir comment prononcer, raconte Carlos Mendoza López. Ce lexique est fantastique. Nous ne voulons pas seulement connaître des mots, mais aussi pouvoir dire des phrases. »

10. Il fait chaud au Québec!
Les travailleurs viennent pour la plupart de régions montagneuses du Mexique et du Guatemala, où l’air est sec. La chaleur humide de l’été au Québec est insupportable. « L’air climatisé, c’est fondamental!, dit Carlos Mendoza López. Quand on dort mieux, on travaille mieux. »

Lisez l’article complet et illustré dans votre Bulletin des agriculteurs de mai 2011.

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