Plus de gaz, moins de vaches

L’analyse des statistiques d’exploration gazière et d’activité laitière en Pennsylvannie ont permis de mettre au jour un phénomène intéressant : les comtés à forte activité gazière (plus de 150 puits entre 2007 et 2010) ont également vu leur cheptel laitier diminuer de près de 20 %.

Les chercheurs de la Penn State’s College of Agricultural Sciences n’arrivent cependant pas à expliquer clairement le lien de cause à effet. Est-ce que les agriculteurs abandonnent la production en profitant des bénéfices qu’ils touchent des redevances ? Ou alors craignent-ils l’impact des consommateurs inquiets de l’association entre production de lait et proximité des sites de gaz ? Ou encore, profitent-ils des redevances pour payer leurs dettes et se tourner vers des productions plus lucratives ? Toutes ces hypothèses sont possibles aux yeux des chercheurs qui tenteront de mieux comprendre le phénomène en analysant toutes les nouvelles données disponibles.

Ainsi, les comtés de l’état de la Pennsylvanie comptant plus de 150 puits enregistrent une baisse du cheptel laitier de 19% comparativement à 1,2 % dans les comtés où il n’y a pas de forage. Plus le forage est répandu, plus la baisse du cheptel est importante. (Elle est de 9% lorsque l’on compte entre 1 et 9 puits et de 11% lorsque l’on recense entre 10 et 149 puits).

L’effet diffère selon l’intensité de l’activité agricole. Ainsi, selon les données disponibles, les comtés sans activité gazière et comptant moins de 5000 vaches en 2007, on perdu 2 % de leur cheptel comparativement à une diminution de 19% là où les puits étaient nombreux (plus de 150). Dans les comtés sans activité gazière où l’on décomptait plus de 10 000 vaches en 2007, on a observé une augmentation de 2,7% du cheptel. Dans les comtés équivalents (plus de 10 000 vaches) où l’on recense plus de 150 puits, la baisse du cheptel et de 16%.

Les chercheurs sont formels : il existe un lien clair entre le nombre de puits et la baisse du cheptel. Ils ne peuvent cependant expliquer le phénomène et une nouvelle étude devra être réalisée pour le comprendre.

 Cliquer ici pour consulter l’étude.

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