Des tracteurs qui se débrouillent seuls !

La plupart des fabricants de machinerie agricole nous promettent, pour avant l’an 2003, des tracteurs qui choisiront automatiquement le bon rapport de vitesses, voire qui troqueront le volant contre un système de guidage GPS.

Déjà lancés par New Holland, les modèles TM 150 et TM 165 peuvent maintenant choisir les rapports de vitesses les mieux adaptés au travail à exécuter. Grâce à un système de détection de l’effort à la sortie du moteur, les changements de rapports sur la transmission s’effectuent automatiquement en fonction de la charge du moteur, de son régime et de la vitesse d’avancement. Par exemple, lorsque le tracteur travaille en troisième, la sélection se fait automatiquement entre la première et la cinquième, selon l’effort que le moteur doit fournir. John Deere annonce que sa transmission AutoQuad à quatre rapports automatiques et cinq gammes est offert par les modèles 7710 et le 7810 ainsi que 6310 et 6410, afin d’obtenir le plus d’efficacité possible des tracteurs. Depuis décembre dernier, les Américains voient publicisée la nouvelle série 8000/8000T dix, qui annonce une servotransmission powershift automatique. L’opérateur fixe un rapport maximum, et la transmission change de rapport pour maintenir l’efficacité du tracteur sans dépasser la limite établie.

De son côté, Fendt présentait en février à Toronto sa transmission variable, qui se compare à une servotransmission powershift dotée d’une infinité de rapports. Au champ, par exemple, le chauffeur fait fonctionner le moteur à 1900 tr/mn pour puiser dans sa puissance maximale et il règle le superviseur à 8 %. Le tracteur fonctionne alors dans une plage de régimes comprise entre 1750 et 1900 tr/mn; à défaut, la transmission change de rapport pour s’ajuster à l’effort. Voilà qui permet de tirer le maximum du tracteur, sans le surcharger.

Par ailleurs, le constructeur finlandais Valtra Valmet profitait du Salon Agritechnica (Allemagne), l’automne dernier, pour annoncer qu’il se lançait dans les hautes puissances, (c’est-à-dire autour de 250 chevaux) grâce à un prototype de la série S. Ces tracteurs, qui seront offerts au cours de l’année ou l’an prochain, incorporent la transmission HiTech et le tout nouveau système Bus Can développé par Bosh et Intel. Cet ordinateur automatise les fonctions comme la vitesse constante de la pdf, peu importe la révolution du moteur, les changements de vitesses pour maximiser la performance du tracteur et bien d’autres. Un autre ordinateur reste en communication constante avec les instruments aratoires pour maximiser le rendement du tracteur. Si l’on se fie au fait que plusieurs constructeurs internationaux comme Case IH, John Deere, Cummins, New Holland et Massey-Ferguson cherchent à associer une norme au Bus Can, il y a fort à parier que les autres fabricants de tracteurs offriront tous la même chose sous peu.

Et puisque l’on n’arrête pas le progrès, Renault Agriculture, le Cemagref et l’Université de Clermont-Ferrand (France) évaluent actuellement un prototype de guidage automatique du tracteur que Renault pourrait bien commercialiser en 2003. Ce système repose sur le positionnement GPS, qui permet d’espérer une précision au centimètre près. Deux modes d’utilisation sont proposés. Dans le premier, le tracteur est guidé automatiquement dans une parcelle, une fois que l’agriculteur a enregistré le contour parcelle, son point d’entrée et la largeur de son outil. Les trajectoires sont calculées automatiquement. Le dispositif peut traiter certaines tâches répétitives, à exécuter en début et en fin de raie. Dans le deuxième mode d’utilisation, l’utilisateur réalise tout d’abord une séquence complète de travail de façon traditionnelle, et le dispositif enregistre le tout (un CD-Rom peut enregistrer 1000 heures de travail). Le dispositif peut ensuite reproduire l’intégralité de la séquence de travail dans cette parcelle, le mois ou l’année suivante.

Les trajectoires seront intégralement reproduites, y compris les demi-tours, ainsi que les actions sur le relevage, la prise de force et l’inverseur. Ces enregistrements pourront être transférés sur le PC de l’exploitation et enrichis, en particulier grâce à leur compatibilité avec les logiciels d’agriculture de précision. On peut déjà imaginer l’avantage au moment du semis, de l’épandage d’engrais ou d’une pulvérisation nocturne. Malheureusement pour les nostalgiques de l’époque où le cheval rentrait seul à l’écurie, Renault précise que son tracteur ne sera pas programmé pour rentrer à la maison sans conducteur !

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agco Corporation

http://www.agcocorp.com/

John Deere

http://www.deere.com/

New Holland

http://www.newholland.com/na/

Renault Agriculture

http://www.renault-agriculture.com/

Valtra Valmet

http://www.valtra.com/




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