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L’agriculture québécoise menacée

Pour l’une des premières fois de son histoire, la Fondation des Entreprises en Recrutement de Main-d’œuvre agricole Étrangère (FERME), au nom des 800 entreprises qu’elle représente, dénonce la situation périlleuse qui sévit actuellement dans l’ensemble du secteur agricole au Québec, et qui continuera de s’envenimer à défaut d’une intervention immédiate.

La dernière saison a été parmi l’une des plus difficiles pour les entreprises agricoles qui font appel à la main-d’œuvre étrangère pour pallier leurs besoins de ressources. Voilà que l’étau se resserre de plus en plus. De toute évidence, le gouvernement fédéral cherche, pour des raisons idéologiques, à tarir cette source de main-d’œuvre pourtant si essentielle au monde agricole. Il est temps de décrier cette réalité.

Seulement pour l’année 2014, l’absence de main-d’œuvre a entrainé des pertes directes de l’ordre de 53,7 millions de dollars chez les producteurs agricoles du Québec. Cette situation intenable est provoquée par les multiples changements imposés sans préavis et sans relâche par les instances gouvernementales.

Par exemple, l’augmentation significative des délais de traitement des dossiers tant par Emploi et Développement social Canada que par Citoyenneté et Immigration Canada a occasionné des retards significatifs et irrécupérables dans l’arrivée de plus de 2000 travailleurs. Fait encore plus grave, 150 travailleurs n’ont pu venir travailler sur nos fermes en raison de dérapages survenus lors du processus d’émission de leur visa. En tout, 50 000 jours/personnes ont été perdus au cours de la dernière année.

Des champs entiers ont dû être abandonnés : combien de fois les producteurs ont-ils été condamnés à regarder des récoltes entières pourrir sous leurs yeux, faute de travailleurs ? Cette situation ne peut être considérée en vase clos : c’est toute la chaine alimentaire qui en subit les conséquences économiques. Les agriculteurs québécois contribuent à la vitalité de tout le secteur agroalimentaire, y compris la transformation des fruits et légumes, sans compter les secteurs du transport et de la distribution. Même les consommateurs sont touchés : il y a moins de produits locaux disponibles ce qui les oblige à se tourner vers des produits importés.

La situation est à ce point critique que de nombreux producteurs agricoles songent à cesser leurs activités.

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