Comment réussir notre semis direct

La plus grande erreur c’est de passer du mode conventionnel au semis direct trop rapidement

Commencer avec les cultures les plus faciles à réussir en semis direct. Comme du soya derrière un maïs, ou du blé derrière un soya.

Depuis le temps qu’on en parle, le semis direct est une technique qui offre différents avantages : l’amélioration de la structure de notre sol, une meilleure activité de nos microorganismes, l’élimination de la perte de sol par l’érosion éolienne et hydrique, captage de carbone et diminution des besoins en machinerie, pour terminer avec un bilan environnemental plus que positif du côté des émissions de GES.

C’est l’une des techniques faisant partie des solutions à mettre en place pour éliminer les effets secondaires de nos pratiques de 65%.  En bonus, elle permet même d’augmenter nos rendements. Voici comment on s’assure de bien réussir l’apprivoisement de cette technique.

1-S’assurer de faire la transition pour les bonnes raisons. Il ne faut pas sauter sur cette technique par dépit parce qu’on est mal pris ou qu’on veut économiser sur des dépenses à court terme. On doit nommer pourquoi on veut intégrer cette technique et se donner des objectifs à long terme.

2-Planifier la façon que je vais m’adapter et adapter mes interventions pour m’assurer de l’efficacité de la technique.

3-Planifier une transition graduelle. Surtout ne pas faire l’erreur de changer de technique trop rapidement. On doit s’adapter et surtout s’assurer d’une transition pour bien préparer le sol.  Non, non! Pas préparer avec une charrue vibro ou une déchaumeuse, mais bien se préparer à commencer par garder des résidus en surface, modifier nos rotations (ça prends trois cultures minimum pour avoir une « vraie » rotation), s’assurer que le sol ne traîne pas de problème de compaction ni de drainage.

 4-Commencer avec les cultures les plus faciles à réussir en semis direct. Comme du soya derrière un maïs, ou du blé derrière un soya.

5- Observer et mesurer les résultats et les améliorations.

6-Ce n’est pas une obligation d’appliquer la technique sur l’ensemble de la ferme si on ne se sent pas prêt. On peut même adapter certaines techniques hybrides comme faire des corrections de sol en été qu’on s’empresse de recouvrir avec un couvert végétal qui lui protégera le sol, en plus de nourrir les microorganismes, et on pourra effectuer un semis directement sur le couvert le printemps suivant.

La plus grande erreur c’est de passer du mode conventionnel au semis direct trop rapidement. C’est un peu comme si je voulais partir un feu dans le bois avec seulement des rondins verts de deux pouces. Bien, ça ne fonctionnera pas. Ça prend de l’air (racines et vers de terre), des brindilles qui allument (résidus de culture en surface) et du matériel diversifié en décomposition vivant, avec des champignons, des vers de terre en grande quantité et du matériel vert pour s’assurer de bien les nourrir. Ce qui donne comme résultat qu’on se retrouve avec un sol allumé. Quand je m’aperçois que ça ne fonctionne pas bien je me demande quelle étape j’ai raté? Le problème est rarement attribuable à la technique, mais plutôt à ce que j’ai mis en place pour m’assurer de bien la réussir. Profession Agriculteur!

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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