Derrière les rendements de maïs-grain

Publié: 30 janvier 2022

Derrière les rendements de maïs-grain

Les rendements de maïs se sont accrus considérablement durant les dernières décennies. On explique généralement le phénomène par les progrès génétiques réalisés dans cette culture. Plusieurs études scientifiques sont d’ailleurs venues appuyer cette perception. Une étude récente arrive toutefois à une toute autre conclusion. L’évolution du climat et l’amélioration des pratiques culturales auraient eu beaucoup plus d’influence que les progrès génétiques.

L’étude en question émane d’une institution respectée, l’Université du Nebraska, et elle est parue dans une publication réputée, soit les actes de l’Académie nationale des sciences des États-Unis (PNAS). L’approche des auteurs a consisté à analyser les rendements obtenus dans 3000 champs de maïs-grain irrigués du Nebraska sur la période s’étendant de 2005 à 2018. Mettant à profit les meilleurs hybrides disponibles et les pratiques culturales les mieux adaptées, ces producteurs ont enregistré pendant cette période un rendement annuel moyen de 13,2 tonnes par hectare.

Les auteurs ont déterminé que l’évolution du climat était responsable à elle seule de 48 % du gain de rendement. Évidemment, comme il s’agit de maïs sous irrigation, ils ont analysé l’influence d’autres facteurs climatiques. Parmi ceux-ci, la hausse du rayonnement solaire s’est avérée le facteur déterminant. Une augmentation de la teneur en CO2 de l’atmosphère a aussi eu un effet, bien que nettement moindre.

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Les pratiques agronomiques ont évolué elles aussi pendant cette période. Parmi les principales tendances, on rapporte que les producteurs ont accru le taux de semis et la fertilisation azotée. Ils ont délaissé la monoculture du maïs au profit d’une alternance maïs-soya. Et ils ont adopté le travail réduit du sol.

Globalement, les changements agronomiques expliquent 39 % des gains de rendement. Les chercheurs rappellent au passage qu’il est difficile de faire un gain de rendement quand l’utilisation de l’irrigation permet déjà d’obtenir un rendement qui se rapproche du rendement théorique maximal d’une culture.

Cela laisse donc une marge de 13 % attribuable au progrès génétique. Les auteurs de l’étude commentent que le gain annuel de 2,0 à 3,6 % du rendement potentiel du maïs que certains anticipaient avec le développement des biotechnologies ne s’est donc pas matérialisé.

Les auteurs reconnaissent qu’il est difficile de distinguer l’influence du climat de celle des pratiques agronomiques et du progrès génétique, mais ils se montrent confiants dans la solidité de leur analyse. Il sera intéressant de voir comment la communauté scientifique y réagira. Une question importante qu’elle soulève, c’est si les résultats seraient similaires pour le maïs-grain non irrigué.

(On peut consulter l’article scientifique à cet endroit.)

À PROPOS DE L'AUTEUR

André Piette

André Piette

Journaliste

André Piette est un journaliste indépendant spécialisé en agriculture et en agroalimentaire.