L’influenza aviaire est plus complexe dans les élevages de canards

Les experts cherchent à comprendre

Publié: 1 mai 2022

Les experts cherchent à comprendre pourquoi, au Canada, les canards sont plus affectés par l'épisode actuel d'influenza aviaire.

Le canard est surreprésenté dans les cas d’influenza aviaire au Canada. La professeure adjointe Manon Racicot de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal et épidémiologiste à l’Agence canadienne d’inspection des aliments explique que les experts ne comprennent pas pourquoi. «Et il n’y a pas d’autres pays qui voient ça», dit-elle en entrevue.

Au Québec, Canards du Lac Brome est l’entreprise avicole qui a été la plus touchée par l’épisode actuel d’influenza aviaire. C’est une entreprise complètement intégrée dont tout se fait en réseau, de la reproduction à l’abattage, en passant par l’élevage. «C’est efficace normalement, mais en termes de contrôle des maladies, c’est un défi considérable», explique Manon Racicot. 

En plus du Québec, la production de canards de l’Ontario et de l’Alberta est aussi très affectée. Aux États-Unis, il n’y a pas de production de canards de l’ampleur de ce que nous avons au Canada.

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Lors de la construction de la nouvelle étable pour les vaches en lactation, à droite, Yan et Ysabel Jacobs, et leur mère Marian Ghielen de la Ferme Léo Jacobs et fils ont aussi construit un site d’entreposage et de fabrication des aliments pour eux, mais aussi pour trois autres fermes de la famille. L’ancienne étable de la ferme derrière loge les vaches de Gestion Jean Jacobs, le père de Yan et d’Ysabel, ainsi que les vaches taries et la relève de la Ferme Léo Jacobs. À gauche, on voit la Ferme Ty-D, propriété de Tyler Doiron, le conjoint d’Ysabel. La Ferme New Jersey de la sœur d’Ysabel, Laurie, et de son conjoint Mathieu Jalbert est située à une dizaine de minutes de là.

Groupe Jacobs: une famille, quatre fermes, un site d’entreposage d’aliments

La famille Jacobs dans Portneuf compte sept propriétaires pour quatre fermes. Au moment de construire pour l’entreposage et la fabrication des aliments, ils ont décidé de miser sur leur force: l’esprit d’équipe.

«On apprend sur le virus en temps réel», explique Manon Racicot. L’apparition des signes cliniques chez les canards d’élevage est très différente des autres espèces d’oiseaux d’élevages. Chez le poulet et le dindon, le taux de mortalité est fulgurant. Les oiseaux peuvent tous mourir en trois jours. 

Chez le canard, les oiseaux peuvent être porteurs du virus avant de démontrer des signes de maladie. «Les signes cliniques dépendent de l’âge, explique Manon Racicot. Des fois, on ne voit pas de signes cliniques. Des fois, on voit juste une chute de ponte. C’est plus difficile à dépister.»

À PROPOS DE L'AUTEUR

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.