Semer du pois jaune dans les trous du blé d’automne

Avec ces grains mélangés, Michael Jeker fabrique la moulée servie au robot de traite

Publié: 31 mai 2022

La maturité du blé et celle du pois jaune sont bien synchronisées, a observé Michael Jeker.

Dans le blé d’automne, on a beau cumuler les années d’expérience, on ne peut jamais être sûr de retrouver un champ intact chaque printemps. Michael Jeker en sait quelque chose. Bien qu’il produise du blé d’automne depuis huit ans, ce producteur de lait de Saint-Barthélemy, dans Lanaudière, a eu la désagréable surprise de découvrir des trous dans un de ses champs ce printemps. Pas assez de trous pour devoir détruire le champ et le resemer, mais suffisamment pour qu’une correction s’impose.

Cette correction, ce fut de semer du pois jaune en semis direct dans les zones endommagées (voir la photo). Ce n’était pas la première fois qu’il procédait ainsi. «C’est une technique que j’ai imaginée pour gérer les pertes dues à l’hiver, confie-t-il. La maturité du blé et celle du pois jaune sont bien synchronisées.»

Cette technique semble particulièrement bien adaptée à une ferme laitière. En effet, Michael Jeker n’a pas besoin de cribler la récolte de grains mélangés. Il l’intègre dans la ration en ajustant celle-ci en fonction de l’analyse nutritionnelle des grains mélangés. «Le pois jaune est très riche en énergie et en amidon, rapporte-t-il. Je dirais qu’il est pratiquement aussi riche en énergie que le maïs grain. Et évidemment, il est très fort aussi en protéines. En semis pur, il dose généralement autour de 27 % de protéines.»

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En fait, le producteur apprécie tellement le pois jaune qu’il le produit en semis pur dans des champs entiers. Il mélange sa récolte de pois à sa récolte de blé d’automne et sert cette moulée au robot de traite. «Je sauve beaucoup sur le coût de production, estime-t-il. Contrairement au soya, le pois jaune peut être servi aux bovins laitiers sans qu’un traitement préalable ne soit nécessaire.»

«En plus, poursuit-il, le pois jaune a un effet très positif sur les composantes du lait. Sur mon graphique de prix du lait, je peux dire quelle journée exactement j’ai commencé à servir du pois.» Ses 85 vaches en lactation maintiennent une teneur en matières grasses de 5%. Il faut noter cependant que la moitié de ce troupeau Holstein est croisé avec des races réputées pour leur taux de gras, comme la Norvégienne rouge et la Suisse brune.

Le producteur ne cache pas que la culture du pois jaune comporte un inconvénient notable. «La récolte est compliquée, dit-il. Le pois jaune ne se bat pas bien parce qu’il tend à se coucher.»

Le producteur fait d’ailleurs un essai cette année pour contourner cet inconvénient. Il compter semer du pois jaune le printemps prochain dans un champ de blé d’automne qui sera récolté cette année. «Je vais semer mon pois dans la repousse de blé, explique-t-il. Au lieu de payer pour semer une céréale en accompagnement, je vais mettre à profit les rejets de la batteuse.»

Ce sera à suivre!

À PROPOS DE L'AUTEUR

André Piette

André Piette

Journaliste

André Piette est un journaliste indépendant spécialisé en agriculture et en agroalimentaire.