La Ferme 299 optimise l’intérieur de l’étable

L'aménagement des robots a été repensé en fonction de la production laitière

Le propriétaire de la Ferme 299, Jean-Pierre Bussières, a travaillé en équipe pour l’élaboration de son projet. La consultante Alicia Moreau de Service Conseil AM aide à la régie des vaches en traite robotisée.

Jean-Pierre Bussières de la Ferme 299 de Yamaska a travaillé avec ses intervenants pour reconfigurer la section des vaches en lactation dans le but de la rendre plus efficace.

La Ferme 299 offrait une journée porte ouverte le jeudi 2 avril 2026. Environ 300 personnes ont visité l’étable.

Pas de nouvelle étable pour la Ferme 299. Les sections pour les génisses, les taures et les parcs de vêlages sont les mêmes. Le système d’alimentation est aussi le même. C’est vraiment la configuration de la section des vaches en lactation qui a changé.

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L’intérieur de l’étable n’a pas beaucoup changé. Les génisses d’élevage sont encore à gauche et l’allée d’alimentation est la même. Jean-Pierre Bussière fait remarquer que la largeur de l’allée d’alimentation aurait avantage à être plus large pour un meilleur nettoyage, mais ce choix avait été fait à l’époque pour diminuer les coûts de construction. C’est l’aménagement des vaches en lactation qui a changé. photo: Marie-Josée Parent

Le groupe de vaches a été séparé en deux, un pour les hautes productrices et un autre pour celles en fin de lactation.

Il y a deux robots, comme par le passé, mais un simple et un double, et de nouvelle génération. Le robot simple est pour l’arrière-robot, soit les vaches ayant besoin de plus d’attention, et les hautes productrices.

Le robot double est dédié aux vaches produisant moins de lait. Situé juste à côté du groupe de vaches hautes productrices, ce robot est aussi accessible pour les vaches hautes productrices. Donc, la vache haute productrice peut choisir le robot en fonction de sa proximité ou de son accessibilité.

Le plan a été dessiné par Tommy Beaudry de Beaudry Équipements Laitiers. Selon lui, c’est unique. En discutant avec les personnes-clés de l’entreprise, il a bâti les plans en fonction des objectifs du client. Une fois dessiné, le plan a été approuvé par le producteur et ses intervenants.

Tommy Beaudry de Beaudry Équipements Laitiers, concessionnaire BouMatic, a élaboré un plan pour répondre aux attentes de Jean-Pierre Bussières en termes d’optimisation de l’étable laitière. photo: Marie-Josée Parent

Deux autres personnes ont joué un rôle important. Alicia Moreau est conseillère en robotique et travaille depuis cinq ans avec la ferme. C’est elle qui conseille au niveau de la régie. Laura Lefebvre de la Meunerie Benjamin a travaillé avec lui pour repenser l’alimentation.

Laura Lefebvre, conseillère en nutrition laitière de Meunerie Benjamin, a formulé une alimentation adaptée pour les deux groupes de vaches : les hautes productrices et les vaches avancées en lactation. photo: Marie-Josée Parent

Le projet d’aménagement de ferme

Jean-Pierre Bussières voulait avoir un aménagement qui pourrait lui permettre éventuellement de produire 200 kg de quota (kg matière grasse/jour) avec un seul employé pour tout faire.

Il raconte que la ferme a brûlé en 2013. L’étable a été reconstruite en 2014 avec deux robots dans un seul groupe pour 100 vaches. « Les robots étaient devenus désuets. On n’avait pas les performances qu’on voulait. Il était temps de changer », dit-il. Il a donc regardé pour une nouvelle génération de robot et une nouvelle configuration.

Les vaches ayant besoin d’une attention particulière, comme les vaches fraîchement vêlées sont logées dans l’arrière-robot du robot simple. photo: Marie-Josée Parent

« On a changé la façon de placer les robots de traite, dit-il. C’est là qu’il y a pour moi, une économie majeure. On est dans plusieurs milliers de dollars d’économie annuelle de frais d’alimentation qui sont diminués parce qu’on a un groupe 1 qui est très efficace et qui est nourri adéquatement et on a un groupe 2 qui est en fin de lactation et qui mérite d’être moins soutenu avec l’alimentation. On ne gaspille pas notre argent là. On a facilement 1$ par jour par vache d’économie. »

Les vaches hautes productrices (groupe 1) ont accès au robot simple, mais aussi au robot double que nous voyons dans la photo suivante. Ainsi, une vache intimidée par une vache dominante peut se faire traire sans souci. photo: Marie-Josée Perent
Cette photo prise du même endroit que la photo précédente montre le robot double et la barrière qui délimite les deux groupes : les hautes productrices à droites et les vaches avancées en lactation (groupe 2) à gauche. À noter que les vaches hautes productrices ont aussi accès à ce robot. photo: Marie-Josée Parent

Les premiers robots sont entrés en fonction le 1er juillet 2025 et la production n’a jamais arrêté pendant les travaux. Selon Jean-Pierre Bussières, la diminution des coûts d’alimentation n’est pas terminée. Il y travaille avec son équipe.

« L’étable ici n’est pas parfaite, dit-il. On a encore du travail à faire. On veut aller chercher encore mieux. On sait qu’on est capable de le faire. »

L’entreprise produit actuellement 140 kg de gras par vache avec un potentiel de 150 sans agrandissement. « On aurait un projet à faire pour nous rendre à 200 kg, mais le quota va nous limiter », dit-il.

Une partie de logettes a dû être refaite. Les matelas pour les hautes productrices ont été remplacés pour un plus grand confort et pour avoir une grande production laitière. Les vaches en fin de lactation ont les anciens matelas réinstallés.

Bilan de la reconfiguration

Jean-Pierre Bussières voit déjà des changements au niveau du nombre de passages aux robots. Les vaches pouvaient se faire traitre 2,8 fois par jour, alors qu’elles y vont maintenant 3,4 fois par jour. La production laitière est restée à 40 kg par vache par jour à 190 jours de lactation.

Selon le producteur, avec les nouvelles transformations, la production laitière devrait monter naturellement d’ici la fin de 2026 grâce à une meilleure disposition des robots.

« Cette ferme-ci se contrôle avec un cellulaire et un employé », explique Jean-Pierre Bussières. Lui-même est présent 10 heures par semaine à l’étable. Tout le restant est fait par l’employé. « Moi, je fais de la gestion », explique-t-il.

Dans la mi-quarantaine, Jean-Pierre Bussières ne sait pas s’il aura de la relève. « J’ai fait ça parce que j’aime ça », dit-il. Il a deux filles de 5 et 12 ans qui sont encore trop jeunes pour être identifiées comme relèves. « J’ai espoir d’avoir une relève, mais j’ai surtout espoir que mes filles soient heureuses », dit-il.

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.