Peu de bénéfices pour le Canada deux ans après la signature de l’AÉCG

L'entente aurait profité surtout à deux secteurs au pays, dont celui du pétrole

Dans une fiche socioéconomique, l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) a analysé les données d’importations et d’exportations entre le Canada et l’UE. Selon son analyse, deux secteurs de l’économie ont bénéficié de l’AÉCG : l’énergie (pétrole) et les minéraux. Alors que le Canada était importateur net de pétrole avec l’Union européenne avant la signature de l’AÉCG, il est devenu exportateur net au cours des dernières années.

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Le bilan est moins reluisant pour d’autres secteurs. Durant la même période, la balance commerciale s’est dégradée dans les secteurs des produits alimentaires (-40,9 %), produits forestiers (-38,5 %), équipements de machinerie industrielle (-37,1 %), produits de plastiques et de caoutchouc (-34,9 %), et produits de consommation (-21 %).

Dans le cas des aliments, l’IRIS a observé que l’UE augmentait ses exportations au Canada plus rapidement que l’inverse. Le graphique présenté plus bas montre la baisse des exportations nettes canadiennes. Ce résultat est invalide un des arguments présentés pour promouvoir l’entente, soit que cette entente permettrait aux producteurs canadiens d’avoir accès à de nouveaux marchés et ainsi d’augmenter leur chiffre d’affaires. Selon l’étude de l’IRIS, ” en dépit de l’accès à un nouveau marché, l’UE semble être beaucoup plus rapide à s’adapter au marché canadien que l’inverse dans le domaine alimentaire”.

L’AÉCG devait en effet permettre aux entreprises canadiennes, dont les PME, de conquérir de nouveaux marchés. Dans l’ensemble, le niveau des exportations nettes s’est détérioré de 22,1 % depuis son entrée en vigueur, ce qui représente en moyenne 323 M$ de déficit commercial de plus par mois.

L’IRIS conclut que “les entreprises canadiennes, selon les données disponibles deux ans après l’entrée en vigueur de l’AÉCG, n’étaient vraisemblablement pas prêtes à conquérir des parts de marché en Europe, à l’exception des sociétés pétrolières. Pour leur part, les entreprises européennes, peut-être parce qu’elles sont déjà habituées aux différences régionales de langues, de législation et de culture, sont parvenues à s’adapter au marché canadien et ainsi accroître leurs exportations vers le Canada “.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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