14 tm/ha, sans drainage

Syngenta a couronné la semaine dernière les gagnants de la troisième édition de la Course au rendement Agrisure® au Québec. Les participants devaient utiliser des hybrides de marque NK. Parmi tous, c’est le producteur Christian Couvrette, de Mirabel, qui a obtenu le meilleur rendement, avec 14,03 tonnes de maïs à l’hectare.

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Comment s’y est pris Christian Couvrette pour surpasser des producteurs qui cultivent dans des régions qui bénéficient d’un plus grand nombre d’unités thermiques? Voici ce qu’il avait à raconter au Bulletin.com.

« Un bon sol, de bonnes rotations, pas de compaction et un bon pH. » La recette du succès de Christian Couvrette et de ses fils Jean-Philippe et Louis-Clément a de quoi faire réfléchir, en cette ère où le discours sur les grandes cultures se résume souvent par : maïs, soya, fertilisation et grosse machinerie.

Christian Couvrette (au centre) et ses fils Jean-Philippe et Louis-Clément PHOTO : Syngenta

Christian Couvrette exploite un troupeau laitier d’une centaine de tête. Ses terres font généralement trois à quatre années en luzerne, un ou deux ans en maïs, un an de soya et un an de petites céréales.

Quand une prairie doit être détruite, il applique le glyphosate vers la fin août puis y épand du fumier de bovin solide. Au moment de labourer, ce fumier est enfoui et le pH est ajusté au besoin.

C’est ainsi que Christian Couvrette a obtenu 14,03 tm/ha de maïs avec un hybride NK en 2011, sur un retour de prairie. « Je mets un démarreur en semant, puis aucun autre engrais pendant la saison », a-t-il indiqué. Aucun fractionnement de l’azote, aucun intrant qui sort de l’ordinaire.

Notre gagnant admet d’emblée qu’il a établi cette marque dans une terre un peu spéciale, à mi-chemin entre une argile Sainte-Rosalie et une terre noire. « C’est du très bon terrain, dit-il. Il s’égoutte très, très bien. Cette terre garde sa fraîche dans les périodes de sécheresse et quand il y a une grosse pluie, il n’y a pas d’eau qui s’écoule en surface. »

Christian Couvrette et sa famille sont de ceux qui avaient été expropriés, puis qui sont revenus cultiver aux abords de l’aéroport de Mirabel. La terre qui lui a permis de remporter la Course au rendement Agrisure se trouve à côté des pistes d’atterrissage. Elle avait été abandonnée de 1970 à 1995. « J’ai remis 130 arpents en culture, raconte-t-il. Il a fallu arracher les branches à la pelle mécanique. »

À ce jour, cette terre n’a aucun système de drainage sous-terrain. Elle n’est pas en pente et l’eau ne s’y accumule pas en surface.

Il existe beaucoup d’autres terres de cette qualité sur la rive Nord, affirme Christian Couvrette. Le problème, explique-t-il, est qu’il y a de moins en moins de vaches laitières et que ces champs sont cultivés uniquement en rotation maïs-soya. À défaut d’être laissées au repos pendant trois ou quatre ans de prairie et à force d’être ensemencées à chaque année, ces terres s’épuisent et se compactent.

« La compaction, c’est l’ennemi numéro un », affirme notre producteur. Au printemps, il prend bien soin de n’entrer au champ que lorsque le terrain est prêt. « Il faut semer quand c’est le temps et non quand on a le temps. »

La terre de Christian Couvrette se « démêle bien » au premier coup de herse au printemps. Les équipements doivent être bien ajustés et vaut mieux travailler en surface seulement (premiers deux pouces) au printemps, conseille-t-il.

« En moyenne, il y a à peine cinq belles journées pour faire ses semis en mai. Il faut donc avoir les équipements et la main d’oeuvre pour tout compléter en cinq jours. Sinon, on peut se faire jouer des tours, comme au printemps 2011. »

 

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